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* * * * * 3 note(s)

Yvon vs Camille

yvon guilcher je mène les loups

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140 réponses à ce sujet

#21 + Partager -Y-

-Y-
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Posté 15 mars 2018 - 00:27

Le saviez-vous ? Yvon Guilcher transforme l'eau en vin, sépare les océans en deux et fait revenir l'être aimé.

Hagiographie et index de ses nombreuses et précieuses contributions au milieu trad/folk/néo qui nous intéresse tous exceptés, on peut aussi admettre que y'a du vieuxconnisme dans l'air (et que c'est pas un coup d'essai de sa part).

@AlinWond : Sur la question du droit d'auteur, ça va un peu plus loin que la polémique Camille / Yves Guilcher. Même si ça nous change de certains artistes qui déposent à la SACEM des pièces traditionnelles comme étant leurs compositions, est-ce que la pratique moderne de ce répertoire rend le modèle de propriété intellectuelle adapté ? Est-ce que proposer des compos dans ce milieu ce n'est pas aussi accepter que ces compos dépassent leur auteur, comme l'ont fait les airs traditionnels, pour lesquels il a déjà été montré que le concept de paternité était vain ?

Cela étant, sur la réclamation initiale de YG, on peut pas lui en tenir rigueur, je crois (c'est plus les commentaires sur l'esthétique qui me gènent perso).


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#22 + Partager michvielle

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Posté 15 mars 2018 - 07:20

Camille a certainement une maison de disques ,un producteur , un agent

 

Ne serait ce pas à eux de vérifier les sources  d'un texte ou morceaux de musique?


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#23 + Partager Th de Tétras

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Posté 15 mars 2018 - 08:58

En tout cas, je maintiens ce que je disais sur Camille :elle a réussi à parler en bien du milieu trad dans Télérama, et surtout, elle a réveillé Tradzone !

Va-t-elle réussir à chambouler la Sacem ?


Modifié par Th de Tétras, 15 mars 2018 - 08:59.

  • loic, Ludoman, -Y- et 2 autres aiment ça

#24 + Partager Segonzat

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Posté 15 mars 2018 - 09:44

Côté buzz c'est réussi!

 

J'aime beaucoup le néologisme "vieuxconnisme" de l'ami -Y-

 

C'est si bon parfois de se sentir un vieux con!  ;)


  • Ludoman, Docteur Masu et Anne Achronique aiment ça

#25 + Partager Septante huit

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Posté 15 mars 2018 - 14:43

Camille a certainement une maison de disques ,un producteur , un agent

 

Ne serait ce pas à eux de vérifier les sources  d'un texte ou morceaux de musique?

 

Les artistes et maisons de disques "grand public" tendent à considérer que toute composition traditionnelle est de facto du domaine public. Il y a là une méconnaissance du "milieu" mais aussi, très certainement, une forme de mépris. Et même lorsqu’il y a un doute sur la "disponibilité" de l’œuvre, le rapport entre les bénéfices engrangés d’un côté et le coût des procédures et dédommagements résultant du "copier-coller" font que l’appropriation leur est totalement inoffensive, sur le plan financier. Alors pourquoi se gêner ?

 

Si ledit Yvon Guilcher n’a pas un bon avocat, je ne vois plus pour lui que le rapt de "Camille" : l’attacher tête en bas en haut d’une grue, appeler le RAID et menacer de l’irréparable devant BFMTV. A défaut de toucher quelques subsides, il aura au moins une part de notoriété… Ça fera aussi réfléchir tous les cocaïnomanes du show-biz.  

 

Je souhaite bon courage au "vieux con"…



#26 + Partager MathieuBb

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Posté 15 mars 2018 - 20:21

C'est marrant Tradzone, à chaque fois qu'on croit que c'est mort, il y a une jolie petite polémique qui sort et on voit que ça bouge encore... (encore un effort, Tof et Diatoto vont réapparaître avec quelques diatribes et petits traits d'humour mitonnés maison...).

 

Hi hi hi ! Je me délecte de vos réponses (à défaut d'avoir moi-même un avis que j'arrive à formuler !), quel dynamisme ce forum !

 

Voilà via ce lien la suite de la suite de la suite, en date de cet après-midi.

 

A suivre donc !


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#27 + Partager -Y-

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Posté 15 mars 2018 - 20:30

Voilà via ce lien la suite de la suite de la suite, en date de cet après-midi.


Ouais donc, au final, les deux parties sont d'accord sur le fond du « problème ».
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#28 + Partager buescher 27

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Posté 15 mars 2018 - 20:41

Le "fond du problème" n'est-il pas au départ qu'une simple demande de renseignement sur comment joindre Camille a été fuitée par un ami qui vous veut du bien ?


  • Anne Achronique aime ça

#29 + Partager MathieuBb

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Posté 15 mars 2018 - 23:17

Pour que tradzone garde mémoire de tous ces échanges, je me permet de mettre ici les 2 autres textes d'Yvon que j'ai vu passer sur Facebook...(plus exactement, ce sont des textes que son ami Gilles Poutoux a publié sur son Facebook en disant que c'était Yvon qui parle, mais je n'ai rien vérifié, hein, moi !), suite au premier de ce sujet : 

 

D'abord le 11 mars :

 

"Tel internaute croit bon de nous préciser que Camille a repris dans Les loups une chanson traditionnelle (ce qui n'est pas vrai) et qu'elle n'a jamais eu l'intention de "voler une chanson à Yvon Guilcher, comme il le dit". L'ennui, c'est que Yvon Guilcher ne le dit pas. Yvon Guilcher, c'est moi et je n'aime pas plus les contrevérités que les procès d'intention. Je n'ai jamais douté de la bonne foi de cette Camille, je suis persuadé qu'elle croyait cette chanson traditionnelle (preuve que l'œuvre est crédible, donc réussie – on ne pouvait pas me faire de plus beau compliment, j'allélouille !) et je ne pense même pas que ce soit elle qui ait prétendu l'avoir "piochée dans un vieux grimoire", ça sent trop la prose journalistique convenue. Bref, je crois cette femme parfaitement honnête. 

Je conçois aussi qu'un internaute mal informé puisse douter de ma paternité, vu que je n'ai pas eu le souci de déposer cette chanson. Pas plus que des centaines d'autres que j'ai commises, sans souci de lucre ni de notoriété, mais pour le simple plaisir que je prends à les inventer. Et tant mieux si elles plaisent et circulent.
Si , devant le succès de cette "bourrée de Camille", je me permets de signaler qu'elle est de moi, c'est seulement parce qu'elle est de moi. J'en suis désolé, je vais bientôt me sentir coupable de l'avoir faite. Et de le dire.

Ce qui me frappe, c'est les réactions sur le net. Il y a d'un côté ceux qui connaissent la vérité, et en face ceux qui l'ignorent et n'en veulent pas.

Ceux qui savent sont les gens qui ont dansé avec moi, connaissent mes autres compositions (bourrées et autres) et m'ont vu proposer Je mène les loups dans les années 90 pour accompagner les bourrées rondes du Pont Chrétien, que j'enseignais dans mes stages et qui manquaient à mes yeux de mélodies adaptées. Ces gens-là sont souvent bons danseurs et bien instruits des sources de notre pratique : car le répertoire chanté des bourrées à deux temps, limité dans ses airs comme dans sa thématique, leur est bien connu jusque dans le détail. De sorte que mes diverses compositions sont immédiatement repérées comme telles par ce public averti.

Ceux qui ne savent pas et ne sont pas familiers de la recherche en matière de bourrées nous proposent des considérations confuses (et erronées) sur les musiques traditionnelles : à leurs yeux, Je mène les loups a pu exister avant mon intervention. Ce qui n'est pas le cas, mais a priori pourquoi pas ? Ce serait donc moi l'imposteur. L'ennui, c'est que ces spéculations théoriques sont impuissantes à localiser et attester cette chanson dans aucune collecte. Si Camille l'a dénichée "dans un vieux grimoire", il doit lui être facile de nous dire lequel. Si elle ne s'en souvient pas, la chanson est forcément connue des collecteurs. Elle doit bien figurer dans une quelconque publication. Je demande donc à ces sceptiques de me révéler où et quand cette chanson apparaît avant que je m'en occupe. Avec même texte et même mélodie. Ce n'est pas facultatif.

Il faut savoir aussi que quand j'ai inventé cette chanson, je lui ai donné cinq couplets. Mais n'en ai enregistré que deux en 1997. Comme par hasard, ce sont les eux seuls qui circulent. Alors si la chanson n'est pas de moi, quelqu'un peut-il me citer les couplets "traditionnels" qui manquent ?

On a pu dire que "inventer, c'est se souvenir". J'en suis conscient, je sais ce que je dois aux formes traditionnelles et n'ai aucune vanité d'auteur. Mais je suis seul à pouvoir dire de quoi je me suis inspiré pour les paroles et quel sens elles ont exactement. Et en quoi la mélodie que j'avais inventée conditionnait l'ordonnancement des mots à mettre dessus. De sorte que je défie qui que ce soit de m'en expliquer le sens et la composition. Ça non plus, ça ne sera pas facultatif.

Il n'est quand même pas difficile de comprendre ma position, on n'a pas besoin de vains procès d'intention, je ne demande de "gros sous" à personne et je ne me sens pas outrecuidant en informant les gens que je suis l'auteur de ce que j'écris. Et qu'il ne m'est pas forcément agréable qu'on m'en refuse la paternité en toute ignorance de cause. D'autant que des pastiches (de bourrées, de "brunettes", de chansons des XIIIème et XVème siècles, de rondes traditionnelles, de contredanses ou de danses pour couple), j'en ai pondu des centaines et je n'ai pas l'intention de m'arrêter. Tous ceux qui me fréquentent le savent, certains ont même assisté à leur surgissement. Alors - mettez-vous à ma place – que dois-je éprouver, à votre avis, en lisant que ma seule paternité c'est d'être "l'auteur de la dénonciation de Camille"(sic) et que j'ai "soi disant écrit et composé la musique et les paroles de Je mène les loups en 1990" ? Voilà une personne qui a l'ignorance bien péremptoire.

Au total, je suis étonné de la dimension affective du refus d'information. Je n'ai rien d'un être insensible, mais la vérité, c'est la vérité. Même si elle ne convient pas à tel ou tel internaute. Ce côté affectif, qui remplace le débat par un combat, ne m'intéresse pas beaucoup.

 

 

Puis hier, le 14 mars :

Ce qui commence à m'intéresser, c'est que cette histoire d'appropriation d'une chanson d'auteur par une chanteuse, ça ne concerne pas seulement des personnes qui omettent de se citer : ça pose la question de la légitimité du pastiche. J'ai conscience d'avoir à y réfléchir beaucoup pour ma part, moi qui ai pastiché des caroles du XIIIème siècle, des chansons du XVème, des brunettes des XVIIIème et XVIIIème (ce ne sont pas les mêmes), des chansons traditionnelles ou des contredanses, etc., en ai déposé certaines, d'autres pas et ne sais pas toujours moi-même très bien pourquoi.

Car le problème se joue entre deux pôles : Quand Tristan Corbière écrit en exergue au dessus d'un de ses poèmes : "What ? (Shakespeare)", il fait de l'esprit. SHK a certes dit what, mais on n' a pas à le citer pour ça, vu que tout anglophone l'a dit avant, pendant et après lui. What n'est pas un mot "d'auteur encore inconnu" (nouvelle appellation du domaine public à la SACEM, paraît-il), c'est un mot qui relève de la langue de tous, non de la parole individuelle. Mais si je dis : "To be or not to be, that is the question", là je dois citer SHK, je n'ai pas le droit de dire que c'est de moi. ; ou d'un autre ; ou de personne. Non, c'est de SHK. Pourtant, aucun des mots qui composent cette phrase n'est de SHK, tous ont été employés avant, pendant et après lui.

Le pastiche combine des légos prélevés sur la culture dont il s'inspire. En amont du pastiche, il y a toute une intertextualité. La combinaison et l'agencement des légos ou leur intégration à autre chose, ça peut déboucher sur une œuvre originale, distincte des œuvres originelles. Auquel cas il y a création d'auteur. On peut déposer. Mais si le pastiche se contente de proposer une version inédite parmi d'autres déjà connues, doit-on déposer ?
J'ai déposé les bourrées improbables que j'avais consciemment détournées des formulations traditionnelles (La femme du voisin, La Bourdonnaise) ou que j'avais harmonisées façon motet (Le long du chemin, Prenez garde au loup, Ma mère me dit), mais je n'ai pas déposé Tes petits sabots, Va, va, bergère ou Je mène les loups : je les ai certes inventées, mais "inventer, c'est se souvenir" et je me sentais plus pilleur d'épaves que créateur ex nihilo (même si j'avoue une certaine coquetterie pour les mélodies). Les événements actuels prouvent que j'ai eu tort, mais ça, ça tient aux conditionnements de la société dans laquelle nous vivons – et qu'illustrent tous les contresens sur "traditionnel".

Alors revenons aux loups. Je viens de me plonger dans les envois de Gilles Lauprêtre et les commentaires qui les accompagnent. Je connaissais les chansons (grâce à GL) et j'apprécie les commentaires. Surtout celui de Tiennet Simonnin, aussi honnête que bienveillant et là, il faut que je m'explique plus que je ne l'ai déjà fait, même si ça ne fait qu'accroitre encore le mystère de la création. Dans ma lettre à Camille, je dis être parti de la mélodie d'une montagnarde dont j'ai changé le rythme. C'est plus simple de le dire comme ça, ça me met à l'abri de tout procès de malhonnêteté. Sauf qu'en réalité ça s'est passé autrement : je n'avais pas cette montagnarde en tête quand j'ai fait cet air à deux temps, que je croyais inventer de toutes pièces. Ce n'est qu'après coup que j'ai découvert la montagnarde en question, qui révèle effectivement que ma composition avait des comptes à rendre. J'en ai conclu que j'avais dû rencontrer cet air à mon insu, qu'il m'avait influencé et que je ne m'en souvenais plus. D'où ma formulation ad usum Camillae, qui simplifie les choses.
En fait maint " pauvre homme" a beaucoup d'enfants, des légitimes et des bâtards et tel qui se croit précurseur est souvent précédé par d'autres. Par exemple, si j'appelle mon fils Héliogabale, en me disant qu'au moins il sera le seul à porter un tel prénom, je m'aperçois tout d'un coup que dans sa classe de CM 2 ils sont quatre gosses à s'appeler Héliogabale.

Pour Je mène les loups, je suis parti des innombrables chansons traditionnelles qui traitaient ce thème et je ne m'en suis jamais caché. Mais les textes et le airs ne me convenaient pas, je les ai donc refaits. Ça donne une version inédite, c'est tout, que je n'ai pas jugé bon de déposer, même si j'en étais fier, la trouvant particulièrement belle. Et de toute façon, à l'époque, tout le monde savait qu'elle était de moi et personne ne la jouait sans me citer.
Le problème avec Camille, c'est que ce qu'elle chante est objectivement et intégralement de moi, avec ces paroles-là et cette mélodie-là et que du coup j'ai du mal à me réjouir en voyant ma chanson devenir "la bourrée de Camille", en entendant dire qu'elle l'aurait trouvée "dans un vieux grimoire" et en voir le texte présenté comme "paroles de Camille". Je suis l'auteur compositeur de cette chanson telle qu'elle est et telle que la chanteuse la diffuse, et j'aimerais que Camille le sache et le dise. Même si je ne demande de fric à personne. Y a-t-il là de quoi s'exorbiter ?

 


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#30 + Partager Ludoman

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Posté 16 mars 2018 - 12:34

 

Voilà via ce lien la suite de la suite de la suite, en date de cet après-midi.


Ouais donc, au final, les deux parties sont d'accord sur le fond du « problème ».

 

Donc plus de problème ? :)



#31 + Partager Anne Achronique

Anne Achronique
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Posté 16 mars 2018 - 21:54

" Le saviez-vous ? Yvon Guilcher transforme l'eau en vin, sépare les océans en deux et fait revenir l'être aimé.

Hagiographie et index de ses nombreuses et précieuses contributions au milieu trad/folk/néo qui nous intéresse tous exceptés, on peut aussi admettre que y'a du vieuxconnisme dans l'air (et que c'est pas un coup d'essai de sa part)."

 

 

@ -Y-

 

(Pardon de la ramener encore... )

J'admets que le ton dithyrambique de mon panégyrique ait pu amuser, et prête le flanc à l'ironie.

 

Car de même que la famille Bonaparte a rendu suspect et impossible tout recours au plébiscite, l'hystérie des fans des Beatles a définitivement ridiculisé toute manifestation d'idolâtrie fanatique.

 

Et puis, il est toujours de bon ton pour un esthète éclairé d'afficher une retenue blasée revenue de tout.

 

Désolée, il y en a qui ont le superlatif facile, tout comme certain(e)s rougissent pour pas grand chose.

C'est une question de tempérament. On ne se refait pas...

 

Néanmoins, l'enthousiasme n'est pas toujours incompatible avec l'esprit critique, et je crois n'avoir rien abdiqué de l'acuité du mien en dressant ce portrait, exact dans les faits., dont aucun n'est contestable.

Sauf à me prouver le contraire...

 

J'ai seulement préféré orienter l'énergie née de la polémique vers l'éloge de la personne incriminée que vers le dénigrement de mon interlocuteur ou de Camille, même si ça me démangeait bien, car "je peux [avoir la remarque assassine et acérée] si je veux", pour paraphraser l'Argan de Molière. (Oui je la ramène en tartinant une couche de plus de culture classique, vu qu'on semble vouloir me confondre avec les crédules décérébrés qui ont recours aux marabouts.) Mais c'eût été se montrer contre-productif et desservir la cause que j'essayais de défendre. Maladroitement, à ce qu'il semble...

 

Si je me suis permis de rappeler tout ce qu'Yvon Guilcher a apporté au bal folk, c'est parce que :

 

1) même si je n'ai découvert l'existence de la pratique revivaliste des danses et musiques traditionnelles qu'il y a peu, ignorée des médias et invisible qu'elle est derrière le quai 9 3/4 (Allusion au portail donnant accès au monde des sorciers invisible des humains "normaux" dans Harry Potter, pour ceux qui ne seraient pas familiers de cet univers-là), je n'ai entendu parler pour la première fois des recherches de son père, JM Guilcher et de son propre travail que deux ans après avoir fréquenté ateliers, bals folks et fest-noz. Et j'ai trouvé sidérant que personne, profs de danse, musiciens, danseurs ne disent jamais ce qu'ils doivent à leur enseignement initial, à leurs recherches, à leur créations...

Et depuis cette découverte, je suis tout aussi consternée de la quantité de danseurs qui se régalent de ces danses sans avoir la moindre idée de leur histoire, ni la moindre volonté de la connaître.

Mais ça ne m'empêche pas de m'amuser comme tout le monde et de me fondre dans les pratiques communes, même si je les sais peu orthodoxes... Si j'avions su, j'aurions venu plus tôt... (Et j'aime bien Gennetines, aussi, quand même... Enfin, ça dépend des parquets...)

 

2) dans cette perspective, et à la lumière des multiples talents ci-dessus rappelés, on fait quand même un peu tous figure de nains qui dansent sur les épaules d'un géant. Alors quand les nains s'amusent à piquer des épingles sur les épaules dudit géant ou à lui tirer les poils, faut pas s'étonner qu'il rue dans les brancards et qu'il cherche à désarçonner ceux qui le chatouillent un peu trop.

 

3) et traiter de crétin un type qui a quand même un certain génie et une érudition qui nous renvoie tous dans les cordes, ben ça me fait monter la moutarde au nez, et j'éternue. Mais c'est bon pour la santé, les cataplasmes à la moutarde, non ?

Car ça fait un peu mal au coeur qu'un grand savant, parce que c'est quand même ce qu'il est, aussi, se fasse insulter par des tas de gens qui ne lui arrivent pas à la cheville, et se sente aussi bouleversé par ce qui arrive à sa chère chanson.

 

Cela dit, oui, Yvon Guilcher est un puriste, et je comprends que ses positions puissent passer pour intransigeantes.

 

a) Pour preuve que je ne renonce pas à ma liberté de penser (bon, et là, c'est un autre chanteur qui parasite le débat, mais on le renverra en Patagonie fissa) et à le critiquer, je ne suis pas du tout sûre d'être d'accord avec sa position dans le débat pour ou contre l'institution d'une formation diplômante en danse trad.

Je pense même le contraire, quelles que soient les concessions qu'il eût fallu faire sur l'authenticité de ces danses.

Car une fois qu'on a pris acte de la mort de tradition et de son mode de transmission inscrit dans la vie, autant entériner les choses et instituer un autre mode de transmission qui repose sur autre chose que sur l'énergie impressionnante, le dévouement sans faille et le désintéressement absolu de tous ces profs, animateurs, et autres musiciens bénévoles qui cumulent cette passion avec leur vie professionnelle et familiale, ce qui hypothèque tout de même, à long terme, cette pratique, puisque nul ou presque ne la rencontre dans sa scolarité, et qu'il faut bien du hasard ou de l'atavisme familial pour en croiser le chemin.

 

Mais ceci est un autre débat.

 

b) Sur le sujet présent, oui, on peut tout à fait considérer que la cure de rajeunissement et l'éclairage médiatique massif qu'apporte Camille à la danse trad vaut bien qu'on la malmène un peu. C'est pas faux.

C'est la rançon de la gloire, comme disaient Tya et ses quatre "likeurs". Oui, il y a de ça. Lâcher du leste pour étendre son public. Mais c'est justement ce qu'Yvon a toujours refusé de faire, si j'ai bien compris, s'asseyant sur une gloire bien plus vaste que celle qu'il a connue pour demeurer fidèle à ses convictions.

 

Et ce n'est pas parce qu'on trouve ignoble la malbouffe des fast foods et qu'on préfère des rillettes sans OGM, et qu'on préfère une belle danse à l'exhibition d'un hirsute défouloir qu'on est un vieux con.

L'âge ne fait rien à l'affaire, et à bien choisir, je serais plutôt tentée de traiter de jeunes cons ceux qui sont infichus de savoir lire partitions ou textes analytiques capables d'enchaîner plus de deux arguments de suite, et auxquels l'insulte et l'anathème tiennent lieu de raisonnement.

(Pour que ce soit clair, les trois dernières lignes ne s'adressent évidemment à personne d'ici, mais aux fans les plus éructants de ladite chanteuse.)

 

Juste, si l'on exige du respect pour Camille, s'insurgeant qu'on la trouve [...je ne dirait rien de ce que je pense de son art, refrénant même l'envie d'affubler de guillemets ce dernier terme] autant éviter de traiter de con quelqu'un à qui l'on doit tant et qui est, tout de même, d'une supériorité intellectuelle et artistique incontestable et pas assez reconnue.

 

Voilà...

Après, je conçois que les trop longues interventions soient malvenues et outrepassent la bienséance du forum et je ne m'attarderai pas... J'essaierai...


Modifié par Anne Paul, 16 mars 2018 - 21:57.

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#32 + Partager -Y-

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Posté 17 mars 2018 - 11:23

(Pardon de la ramener encore... )
J'admets que le ton dithyrambique de mon panégyrique ait pu amuser, et prête le flanc à l'ironie.
[...]
Après, je conçois que les trop longues interventions soient malvenues et outrepassent la bienséance du forum


Pas besoin de t'excuser, c'est un espace d'échanges ici, et pas non plus de problème lié à la longueur des posts, enfin je crois.

Quant à mon intervention, tu as bien mis le doigt dessus : faut pas y voir autre chose qu'un trait d'ironie (et entre autres, surtout pas question de te prendre pour une bigote).
 

je n'ai entendu parler pour la première fois des recherches de son père, JM Guilcher et de son propre travail que deux ans après avoir fréquenté ateliers, bals folks et fest-noz. Et j'ai trouvé sidérant que personne, profs de danse, musiciens, danseurs ne disent jamais ce qu'ils doivent à leur enseignement initial, à leurs recherches, à leur créations...
[...]
je suis tout aussi consternée de la quantité de danseurs qui se régalent de ces danses sans avoir la moindre idée de leur histoire, ni la moindre volonté de la connaître.


À qui le dis-tu… En ce qui me concerne je passe mon temps à me consterner de gens qui, ayant vaguement parcouru les œuvres de J.-M. Guilcher s'en donnent à cœur joie pour imposer leur vision esthétique sous couvert de tradition, à contre-sens complet de ce qu'une Tradition populaire de danse en Basse-Bretagne (par exemple) nous apprend (pour pas faire de mystère, je fais référence principalement aux groupes folkloriques bretons).
Pour ce qui est de ne pas connaître l'histoire, ou plus exactement de ne pas s'en soucier, faut aussi voir que la pratique actuelle vit pour elle-même et pas forcément en référence (ou révérence) constante à la pratique en fin de tradition populaire, en ce sens que, musiciens comme danseurs, on prend les influences de ce qui a été fait avant nous, et, on est deux (voire trois) générations après les premières pierres de la pratique « revivaliste ».
 

dans cette perspective, et à la lumière des multiples talents ci-dessus rappelés, on fait quand même un peu tous figure de nains qui dansent sur les épaules d'un géant. Alors quand les nains s'amusent à piquer des épingles sur les épaules dudit géant ou à lui tirer les poils, faut pas s'étonner qu'il rue dans les brancards et qu'il cherche à désarçonner ceux qui le chatouillent un peu trop.
[...]
Lâcher du leste pour étendre son public. Mais c'est justement ce qu'Yvon a toujours refusé de faire, si j'ai bien compris, s'asseyant sur une gloire bien plus vaste que celle qu'il a connue pour demeurer fidèle à ses convictions.


J'aime bien ta métaphore, mais je crois qu'on mélange un peu tout, et, je crois aussi que ça tient en partie (mais pas que) à la posture initiale de YG sur le sujet. S'il faut, et on le fera sans doute jamais assez, louer ses qualités d'ethnologue, son apport immense à la connaissance de la danse et de la musique en fin de tradition populaire, est-ce que c'est une position qui, à elle seule, permet de se faire juge de la qualité artistique ? J'en doute. Qu'il n'y ait pas grand monde qui lui arrive à la cheville en termes de recherche ethnomusicologique ou ethnochoréologique, c'est un fait. Et c'est de cette position d'érudit (« ceux qui savent » vs. « ceux qui ne savent pas ») qu'il se place pour juger artistiquement la proposition de Camille (enfin, pas que elle, tu as tout un historique d'éditos à charge dans Trad Mag contre les néotradeux, par exemple), et je pense pas qu'il devrait le faire. Pour moi c'est plutôt l'artiste qu'il faut retenir pour ce sujet particulier, pas le chercheur.
Alors, oui, de la part de quelqu'un qui a pratiqué un répertoire traditionnel à la sauce folk-song américaine, polyphonies et tout le toutim dans les années 70 (c'était la mode et c'est pas une critique), l'entendre dire que la version de Camille « abatardit » la musique, permets-moi de rire. Qu'est-ce qui rend légitime cette esthétique folk-song mais pas l'esthétique musicale de Camille ?

TL;DR : Une fois qu'on a dit ça, je préfère répéter qu'il ne s'agit pas de critiquer sa requête initiale de reconnaissance de paternité (en tous cas c'est pas mon cas), juste y'avait probablement pas besoin de taper autant sur la proposition artistique pour le faire.


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#33 + Partager Mustradamus

Mustradamus
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Posté 18 mars 2018 - 11:24

Bonjour les Tradzonards. Les hasards de Google viennent de me ramener ici, sur un autre fil. Je vois que les joutes « Je mène les loups » ont trouvé là aussi un terrain de jeu.

Ça me décide à partager avec vous une observation dont je n’ai pas vu trace sur Facebook : Il n’y a pas de référence esthétique traditionnelle pour la bourrée à 2 temps. La formule actuellement pratiquée en bal folk a été « recréée » par le groupe La Chavannée, alors appelée Chavannée de Montbel, au cours des années 70. Le style du pas était, de toute évidence, celui largement diffusé par Pierre Panis, et la forme en deux lignes inspirée par des témoignages historiques. Il n’y a donc pas grande raison d’en faire un modèle intangible. Les seules collectes filmées de danseurs de bourrées à deux temps ont été faites, à ma connaissance, au nord de la Creuse et sud de l’Indre et elles montrent des façons de danser assez différentes (entre elles et du « style Panis »)

 

2e info : Le cercle circassien était une danse très pratiquée dans les milieux d’éducation populaire dès la fin des années 50, bien avant le début des bals folks. Il figure déjà dans le livret Danses anglaises, choisies et expliquées par Jacques Vivant, Ed. du Scarabée, CEMEA, 1960.

Idem pour ce qu’on a appelé plus tard « La Chapeloise », très grand succès des années 60, aux CEMEA en particulier, mais aussi aux Eclaireurs de France, principalement sur l’air de White Silver Sand.

Remarque : Il y eut une porosité importante entre les mouvements de jeunesse, les pédagogies « nouvelles » et le début du folk. Voir par exemple le film sur le festival de St-Laurent Les violons des champs (1er et 2 juin 1974) réalisé à la fois par le folk-club La Chanterelle et les EEDF de Bourges. Et pourtant on n’en parle quasi jamais maintenant.

 

Sur ce, Vive Camille ! Vive Yvon ! Et bon dimanche à tout le monde.


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#34 + Partager enigmatix

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Posté 19 mars 2018 - 10:04

Le sujet du bac musique 2018 a fuité...

 

SESSION 2018

 

 

BACCALAURÉAT SÉRIE L – ARTS – MUSIQUE

Épreuve écrite de culture musicale et artistique

 

Durée de l'épreuve : 2h

 

L'usage de la calculatrice est strictement interdit.

 

 

Extraits d'œuvres supports du sujet :

 

  • Premier extrait : L'Orientale, bourrée de Mic Baudimant, dans l'interprétation des Vielleux du Bourbonnais (1985), du début à 1'32 :

  • Deuxième extrait : Les Enfants du Pauvre Homme, bourrée traditionnelle, dans l'interprétation de La Bamboche (1977), du début à 1'15 :

 

COMMENTAIRE COMPOSÉ

 

Sujet : En comparant « Je mène les loups » d'Yvon Guilcher avec les deux extraits ci-dessus, vous mettrez en évidence ce qui les rapproche et les distingue. Dans cette perspective, vous porterez une attention particulière au timbre, au rythme et à la forme.


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#35 + Partager Mustradamus

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Posté 19 mars 2018 - 10:53

Ah voilà ! C'était l'Orientale le morceau du puzzle qui me manquait ! Je la chantais aux uns et aux autres ... ah oui... mais non ... personne ne savait plus ce que c'était. Bravo Enigmatix !


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#36 + Partager diatoto

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Posté 19 mars 2018 - 11:39

Oui mais sans calculatrice, c'est trop dur maître! Y a trop de notes identiques à compter!


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#37 + Partager diatoto

diatoto
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Posté 19 mars 2018 - 12:17

Sinon je ne savais pas que les "identités remarquables" (vous savez ces histoires de A et de B...) étaient au programme des séries L... Moi je ne voulais faire que du droit! (option droit d'auteur, de la propriété intellectuelle, tout ça...).


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#38 + Partager Ludoman

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Posté 19 mars 2018 - 16:16

:lol-above:


Modifié par Ludoman, 19 mars 2018 - 16:17.


#39 + Partager MathieuBb

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Posté 19 mars 2018 - 20:13

La tradzone est bel et bien de retour !


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#40 + Partager buescher 27

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Posté 19 mars 2018 - 20:23

Au moins le réseau s'est réveillé... et quelques points intéressants en sont sortis :)


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