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Est-il judicieux ou non d'intègrer des danses dite non trad


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73 réponses à ce sujet

#21 + Partager MaxiM

MaxiM
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Posté 06 nov. 2008 - 11:22

C'est un point de vue qui se défend !
Juste une toute petite remarque (même si moi je ne suis pas spécialement pour l'incorporation du tango ou de je ne sais quoi...à part comme inspiration de variantes sur des danse trads éventuellement...Mais il y a déjà un sujet sur ça...)
Partons du principe que la tradition, c'est ce que font les gens, dans une région, à un moment...Certes pendant longtemps, ce sont les bourrées qui se transmettaient de génération en génération...On a un peu un effet de mode comme tu dis...Ce qui était à la mode, c'était la bourrée, donc on dansait la bourrée ! Mais avec tous ces merveilleux progrès (ou pas...) de ce dernier siècle, on a vu d'autres danse (qui au passage sont traditionnelles aussi, mais pas du même coin...) débarquer, et elles sont devenues à la mode ! Donc les gens les dansaient...C'est peut être la fragile frontière entre ce qui est traditionnel et ce qui est populaire qui est ici en jeu !

Enfin voici une réflexion...Qui vaut ce qu'elle vaut...Qui est ouverte à la critique. Ce n'est pas une exercice facile que de se livrer à la réflexion en faveur d'une chose qu'on ne cautionne pas réellement...Mais ça forge les neurones !

#22 + Partager *Laurent16

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Posté 07 nov. 2008 - 21:14

Il semble bien que cette question du progrès nous travaille en ce moment (serait-ce les effets d'une simple crise économique? voir le sujet sur les bourrées), les frottements entre le médiocre et le progrès...
L'art traditionnel : celui qui se transmet et s'enrichit, le vivant.
L'art populaire : le vulgaire et la mode, le mort demain.

Certainement, il doit y avoir interaction entre les deux...frontières difficiles à marquer. Mais on peut apprendre à voir avec d'autres yeux : où est la vie, où est l'énergie (c'est ce qu'il faut arriver à percevoir). Là le populaire devient traditionnel et inversement, au-delà d'apparences.

Dans ces discussions on ne peut rester spectateurs. Soit nous apprenons à transmettre, nous devenons exigents et régionalistes, nous sommes des ferments pour le populaire, des innovateurs (des enracinés pour Weil). Soit nous sommes des morts vivants d'un musée ou bien complètement incultes.

On ne peut rester sur un constat, nous sommes uniquement dans un effort perpétuel pour nous élever. Quand on est dans la mêlée, c'est facile de distinguer. Seulement on ne peut prendre que les gens et la société où ils en sont... la pédagogie c'est le plus difficile.

A ta dichotomie, je préférerais le terme de populaire exigent et traditionnel. C'est peut-être inconciliable, mais j'y crois encore.

Je réponds avec mon ressenti, désolé si je n'ai pas réussi à me faire comprendre très exactement.

#23 + Partager MaxiM

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Posté 08 nov. 2008 - 00:50

Euh...ouais...C'est pas faux : je perçois bien le ressenti, mais je suis pas sur d'avoir réussi à toucher l'essence de ton idée...Y a l'air d'avoir quelque chose, mais je ne l'atteins pas...Désolé...

#24 + Partager Millou

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Posté 08 nov. 2008 - 12:25

Tu dis que "L'art traditionnel : celui qui se transmet et s'enrichit, le vivant." mais pour qu'il soit enrichi ne faut-il pas y apporter quelque chose de nouveau? Ainsi apporter des danses traditionnelles d'ailleurs comme le tango permettrait d'enrichir notre art traditionnel, permettrait de le faire vivre et de le renouveler, et ainsi de l'ouvrir à de nouvelles personnes...

Tu accepte bien de danser autres choses que des bourrées en Auvergne non? C'est bien signe que la danse traditionnelle n'a depuis bien longtemps plus de frontière géographique.


Enfin je dis ça je dis rien car a vrai dire je ne suis même pas sure d'avoir compris toute la subtilité de ton point de vue...

#25 + Partager *Laurent16

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Posté 09 nov. 2008 - 10:52

Il me semble que là où on fait une erreur dans "l'enrichissement" d'une culture traditionnelle c'est de croire qu'on l'enrichit à partir de danses venues d'ailleurs.
Je suis certain que ce ne sont pas des danses qui enrichissent une culture mais des gens.
Intégrer le tango à la tradition, ce n'est pas faire évoluer la tradition (ce mécanisme pourrait même tuer une culture comme discuté plus haut).
(Par contre, je pense que quelqu'un passionné de danses traditionnelles qui est aussi passionné de tango, influencera la danse traditionnelle dans un nouveau sens, intéressant)
D'ailleurs pourquoi aller chercher de nouvelles danses ailleurs pendant que dans les bals, une majorité de gens ne savent même pas danser les danses traditionnelles.
A force de mélange on perd toute saveur, comme en cuisine.
Et je vais aller plus loin. Je ne le dirais pas en face à quelqu'un qui pratique d'autres danses que les danses traditionnelles, mais on est sur tradzone!!! : ces gens qui pratiquent de la country, de la salsa, du tango etc... ne croient plus en leur culture. Au lieu d'enrichir la leur, ils se donnent une culture de substitution qui leur permet de rêver d'avoir une identité. Ils n'en auront jamais (ils ne seront jamais vraiment américain, ou sud américain...) c'est une sorte de rêve où ils croient gagner en personnalité.
1 Ce particularisme coupé de tout ne fait pas d'eux quelqu'un de différent.
2 Là où ils devraient consacrer leur énergie à créer dans leur culture, ils font autres choses : ces gens nous manquent. Ils manquent à notre culture. Voilà pourquoi même si nous sommes nombreux dans chaque région, nous ne sommes pas si nombreux que cela à faire vivre nos cultures diverses.
3 Ces gens ne seront jamais des créateurs car ils n'ont aucune racine et qu'ils ne cherchent pas leurs racines. Leur art est très souvent bâtard (cela débouche trop souvent sur rien car ils doivent repartir de zéro dans une nouvelle culture et perdent tout leur temps à apprendre au lieu d'aller plus loin. C'est vrai ça demande aussi un effort d'aller plus loin). Le plus souvent ils cherchent leur propre culture à travers une autre culture et sans le savoir.

En somme, vive les gens venus d'ailleurs.
Ah bas les danses venues d'ailleurs par des gens venant d'ici.
On veut faire plus, essayons plutôt de faire mieux.
Maintenant il y a des gens qui sont capables de tout apprendre, de tout faire le temps d'une vie (bravo pour eux), moi je n'ai plus le temps avec ma vie professionnelle de m'intéresser à tant d'autres domaines différents. C'est pour ça que c'est si bien d'être étudiant. Profitez-en, ça ne durera pas et ce qui est valable pour vous ne l'est pas pour les autres et ne le sera qu'un temps.

#26 + Partager MaxiM

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Posté 09 nov. 2008 - 12:23

Bon...Ben à moi de te dire que c'est une réflexion que je trouve plutôt intéressante ! J'adhère globalement ! Un peu de régionalisme ne fait jamais de mal !

Par contre, j'en appelle également à Raphnin (et à d'autres aussi sûrement)pour faire remarquer que tous les étudiants n'ont pas la vie peinard ! Quand tu as déjà du mal à trouver le temps de dormir (à cause du travail j'entends), il faut être furieusement passionné pour prendre (et je dis bien prendre) le temps de musiquer ou de danser ! Mais celà dit tu as sûrement raison, faut en profiter tant qu'on est étudiants...Ca sera peut être encore pire après !

#27 + Partager Elfi

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Posté 09 nov. 2008 - 19:29

Des questions pour toi Laurent16 :
A quelle date la tradition commence-t-elle ?
Est ce que la cochinchine et la dérobée de Guingamp sont pour toi des danses traditionnelles ?
Comment conçois tu la création ? quel point de départ, quels matériaux lui donnes tu ?

Il me semble que là où on fait une erreur dans "l'enrichissement" d'une culture traditionnelle c'est de croire qu'on l'enrichit à partir de danses venues d'ailleurs.
Je suis certain que ce ne sont pas des danses qui enrichissent une culture mais des gens.


Donc comment font les gens qui viennent d'ailleurs ? d'une autre région ou d'un autre pays ? ils laissent tomber leurs propres traditions ?
je ne te suis pas bien, là...

(Par contre, je pense que quelqu'un passionné de danses traditionnelles qui est aussi passionné de tango, influencera la danse traditionnelle dans un nouveau sens, intéressant)

Est ce que les argentins ne vont pas lui dénier le droit d'enrichir le tango puisque ce n'est pas sa tradition à lui ?

D'ailleurs pourquoi aller chercher de nouvelles danses ailleurs pendant que dans les bals, une majorité de gens ne savent même pas danser les danses traditionnelles.

Ah bon il faut donc apprendre de force les danses traditionnelles, passer un examen avec le BAC ? passer un permis danses trad ? tu fais comment pour vérifier qu'ils ont appris ? et comment on fait ?

ces gens qui pratiquent de la country, de la salsa, du tango etc... ne croient plus en leur culture.

Ah bin tiens ? alors pourquoi trouve t on dans la country des gens venus au folk ?
Et peut etre que ces gens y retrouvent une ambiance, une chaleur, une convivialité qui manquent dans certains bals trad ? ou peut etre qu'ils n'ont jamais été en bal trad ? mais ça doit sûrement leur faute n'est ce pas ?

Au lieu d'enrichir la leur, ils se donnent une culture de substitution qui leur permet de rêver d'avoir une identité. Ils n'en auront jamais (ils ne seront jamais vraiment américain, ou sud américain...) c'est une sorte de rêve où ils croient gagner en personnalité.

Est ce qu'on a plus le droit de rêver ? est ce qu'on a plus le droit d'apprécier un autre univers, une autre culture ? que dire des américains qui dansent auvergnat et des japonais qui dansent bretons ? Et si les danseurs de country américians faisaientt la même réflexion à leurs compatriotes ?

1 Ce particularisme coupé de tout ne fait pas d'eux quelqu'un de différent.
2 Là où ils devraient consacrer leur énergie à créer dans leur culture, ils font autres choses

Grand bien leur fasse, AMA les gens font ce qu'ils veulent, nous sommes dans un pays démocratique

3 Ces gens ne seront jamais des créateurs car ils n'ont aucune racine et qu'ils ne cherchent pas leurs racines. Leur art est très souvent bâtard (cela débouche trop souvent sur rien car ils doivent repartir de zéro dans une nouvelle culture et perdent tout leur temps à apprendre au lieu d'aller plus loin. C'est vrai ça demande aussi un effort d'aller plus loin). Le plus souvent ils cherchent leur propre culture à travers une autre culture et sans le savoir.

Alors la moi qui suis en école d'art... les bras m'en tombent
et je deviens la Vénus de Milo
Prendrais tu "les gens" pour des truffes ?

Elfi
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#28 + Partager garance

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Posté 09 nov. 2008 - 20:19

Et je vais aller plus loin. Je ne le dirais pas en face à quelqu'un qui pratique d'autres danses que les danses traditionnelles, mais on est sur tradzone!!! : ces gens qui pratiquent de la country, de la salsa, du tango etc... ne croient plus en leur culture. Au lieu d'enrichir la leur, ils se donnent une culture de substitution qui leur permet de rêver d'avoir une identité. Ils n'en auront jamais (ils ne seront jamais vraiment américain, ou sud américain...) c'est une sorte de rêve où ils croient gagner en personnalité.



bien déterministe comme discours !
perso je ne me sens pas plus de culture savoyarde que de culture argentine ou de culture polonaise. pourtant je suis savoyarde, et ma grand mère dansait la mazurka au fin fond de la pologne quand elle avait 20 ans.
ce qu'on appelle "culture", c'est vaste, et est-ce que ça ne serait pas parfois qu'un joli fantasme ?
je comprends qu'on puisse prendre plus de plaisir à danser le tango que le rigodon :-)

#29 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 09 nov. 2008 - 21:58

Des questions pour toi Laurent16 :
A quelle date la tradition commence-t-elle ?
Est ce que la cochinchine et la dérobée de Guingamp sont pour toi des danses traditionnelles ?
Comment conçois tu la création ? quel point de départ, quels matériaux lui donnes tu ?



Je fais une distinction entre la création du coeur qui a pour but de guérir les gens (art thérapie, certains mouvements d'art contemporains...), de la création de l'esprit qui a pour but d'élever les idées de ce monde. Parfois l'art est si parfait qu'il atteint aux deux. Il n'y a pas de départ à la création, il y a un continuum comme évoqué pour les langues. J'ai déjà admis que de l'art populaire pouvait devenir de l'art traditionnel quand il respectait un mouvement de vie.

Donc comment font les gens qui viennent d'ailleurs ? d'une autre région ou d'un autre pays ? ils laissent tomber leurs propres traditions ?
je ne te suis pas bien, là...



Oui ils sont d'abord obligés d'abandonner leur propre culture pour en enrichir une autre, dans un second temps. Il n'y a pas d'autres solutions malheureusement. Je vais donner un exemple simple. Imaginons quelqu'un qui arrive d'un autre pays, parlant une autre langue, il est forcé d'apprendre la langue du pays où il arrive (la majorité ne peut pas apprendre la langue de tous les arrivants...). Pour tous ses échanges sociaux et même à la fin dans ses échanges familiaux il devra utiliser cette langue même s'il continue à aimer sa langue maternelle. Seulement un jour il se pourra que dans sa nouvelle langue, il manque une tournure grammaticale, un mot, qui existe dans son "ancienne langue". D'une manière ou d'une autre il introduira un changement. Idem dans la danse.

Est ce que les argentins ne vont pas lui dénier le droit d'enrichir le tango puisque ce n'est pas sa tradition à lui ?


Bien entendu qu'ils vont le faire et ils auront raison sauf si cette personne est une exception (il arrive qu'un étranger ait un regard tellement distant et amoureux sur sa nouvelle patrie qu'il soit capable d'une belle analyse : souvent ces étrangers ne deviennent pas de grands créateurs mais de grands scientifiques). En fait je ne parlais pas d'un enrichissement du tango, mais d'un enrichissement des danses traditionnelles. Nous ne pouvons pas lui dénier le droit de faire évoluer les danses traditionnelles s'il aime et la danse traditionnelle et le tango (par exemple).

Ah bon il faut donc apprendre de force les danses traditionnelles, passer un examen avec le BAC ? passer un permis danses trad ? tu fais comment pour vérifier qu'ils ont appris ? et comment on fait ?


Quand on connait bien une danse, on ne se contente plus de faire du folklore, naturellement on en vient à de la création. C'est un processus vraiment naturel. Il n'y a pas besoin d'examen pour ça. Loin de maîtriser les danses et d'être dans un processus de création, beaucoup de gens de bal se contentent de répéter un mouvement de manière rigide. Ils sont très loin de la danse, ils sont en recherche, mais pas en création. S'ils n'ont pas conscience d'être en recherche ils sont simplement dans un rituel qui les rassure. Libre à eux. Je ne veux pas leur imposer de rechercher puis de créer. Mais ils ont tellement de dimensions à découvrir avant d'aller se tourner vers une autre culture. Qu'ils apprennent à saisir les dimensions de leur propre culture d'abord. C'est ce que disait le dalaï lama quand il est venu à Paris, devant des 10aines de milliers de gens estomaqués : approfondissez votre culture d'abord.


Ah bin tiens ? alors pourquoi trouve t on dans la country des gens venus au folk ?
Et peut etre que ces gens y retrouvent une ambiance, une chaleur, une convivialité qui manquent dans certains bals trad ? ou peut etre qu'ils n'ont jamais été en bal trad ? mais ça doit sûrement leur faute n'est ce pas ?

Certainement, une culture peut mourir. Mais l'herbe n'est pas toujours si verte ailleurs.


Est ce qu'on a plus le droit de rêver ? est ce qu'on a plus le droit d'apprécier un autre univers, une autre culture ? que dire des américains qui dansent auvergnat et des japonais qui dansent bretons ? Et si les danseurs de country américians faisaient la même réflexion à leurs compatriotes ?

On peut toujours goûter, mais il y a une différence entre aller au restaurant et se préparer à manger pour tous les jours. On apprécie le restaurant de temps en temps, mais il faut se concentrer sur ce qu'on croit savoir cuisiner à la maison.


Grand bien leur fasse, AMA les gens font ce qu'ils veulent, nous sommes dans un pays démocratique


Je ne voulais pas dire qu'ils n'ont pas le droit de faire ce qu'ils veulent mais qu'ils échouent dans l'objectif qu'ils se donnent.

Alors la moi qui suis en école d'art... les bras m'en tombent
et je deviens la Vénus de Milo
Prendrais tu "les gens" pour des truffes ?


Sans être une truffe, on a pas toujours tout réussi dans sa vie... personne en fait. Tu fais de l'art psychologique certainement.

petite fille de bâtard


Bravo de ne pas t'être trop emportée cette fois sur ce sujet personnel. Les bâtards cherchent plus que d'autres (on peut les reconnaître à ça parfois) et ça compense par rapport aux autres (j'en connais deux qui sont devenus des êtres extraordinaires par rapport au commun). Bâtard ou pas, tu vois, personne n'est déterminé. Il suffit d'avoir encore la force de croire. Ne mollis pas trop (dans ton espérance biensûr).

Message ajouté après : 11 minutes:

bien déterministe comme discours !
perso je ne me sens pas plus de culture savoyarde que de culture argentine ou de culture polonaise. pourtant je suis savoyarde, et ma grand mère dansait la mazurka au fin fond de la pologne quand elle avait 20 ans.
ce qu'on appelle "culture", c'est vaste, et est-ce que ça ne serait pas parfois qu'un joli fantasme ?
je comprends qu'on puisse prendre plus de plaisir à danser le tango que le rigodon :-)


Pour prendre du plaisir à l'autre il faut accéder à l'un (dans tous les sens du terme).
Si la culture est un fantasme, la science n'est pas née, elle n'existe pas, ni les arts. La culture c'est la Kultur. Danser, cuisiner implique des connaissances plus profonde qu'on ne peut l'imaginer au premier abord. La culture c'est vivre tout simplement. Comment vis-tu ? As-tu encore besoin de parler le polonais? (même si tu danses la mazurka). La danse n'échappe pas à des phénomènes de globalisation. Là où nos alter mondialistes s'en méfient, je ne les vois pas s'en méfier pour la culture. Tant qu'il y aura des particularisme régionaux, la globalisation sera bonne et nous pourrons accueillir des gens qui viennent d'ailleurs et des danses et autres... le risque est d'avoir une culture de la soupe commune, de la danse unique et de l'absence de diversité. Si la mazurka se rajoute à d'autres danses ayant un esprit commun cela est bon. Si la mazurka devenait l'unique danse (et je rigole à moitié quand je vois certains bals), danser deviendrait abâtardisant.

#30 + Partager Armelle

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Posté 10 nov. 2008 - 21:58

Mieux vaut danser que d'entendre ça...

#31 + Partager garance

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Posté 11 nov. 2008 - 10:59

Laurent quand je parlais de fantasme je parlais moins de la culture qui est loin de l'être que du propre tien sur le thème, je trouve. "Kultur" ?????????????

#32 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 11 nov. 2008 - 13:20

Ah ça c'est nouveau, ce ne serait pas bien de fantasmer ?
Le fantasme nourrit le désir.
Et chez moi le feu couve encore sous la braise (d'ailleurs je m'en vais acheter une affuteuse). :lmao:

#33 + Partager Maïtiù

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Posté 12 nov. 2008 - 09:02

Quelle horreur.

un bref résumé :

Beaucoup de (énormément plus de...) français connaissent bien mieux la salsa que la majorité des portoricain ou des cubain. Par connaissent, j'entend aussi bien la technique que l'histoire et la culture.

Quesqu'un lieu de naissance? Je conçois qu'il faille "connaitre" la culture du pays où l'on vit, mais quel besoin de l'approfondir?

Quand au risque d'une culture "soupe commune", ça me fais doucement rigoler. Puisque dans un monde où la mondialisation n'est plus franchement une "inconnue qui fait peur et dont on se méfie" pour celui qui veut bien ouvrir les yeux, on observe tout le contraire.

#34 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 12 nov. 2008 - 09:44

Plus précisément qu'est-ce que tu en vois de cette mondialisation ?

#35 + Partager Maïtiù

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Posté 12 nov. 2008 - 10:25

Que pour la surive du kendo, les japonnais ont dû l'exporter et l'enseigner aux étrangers, qui actuellement en comprennent mieux l'essence que les japonnais eux mêmes. les étranger en connaissent les origines, les buts, la spiritualité qui y est associé, alors que pour 99% des japonnais, c'est un vestige d'un temps révolu qu'ils connaissent vaguement... comme les danses trad pour 99% des français.

Que la pop reste de la pop partout, et pourtant la pop française a sa touche, la pop américaine la sienne et la pop brésilienne est encore différente.

Que l'on observe pas du tout une homogénéisation de la culture, mais seulement une délocalisation, et que la où cette culture est délocalisée, la personne qui se l'approprie se l'approprie beaucoup plus fortement que les habitant d'origine.
Les français qui font de la coutry s'approprie la country beaucoup plus fortement que les américains.
Les canadiens connaissent mieux les vins que la plupart des français, et les hollandais sont incollable sur les sommets des Alpes.

Quesqui devient homogène là dedans? Ca évolue, si bien qu'on trouve plus de gens qui savent danser la valse au japon qu'en autriche. Et alors? On trouve bien plus d'alambic en France qu'au mahgreb, et la petite poire est "traditionelle"... avec un outils qui nous viens d'afrique du nord.
Il y en avais surement pour dénigrer l'alambic à ses débuts.

#36 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 12 nov. 2008 - 11:46

Bon, c'est important de rencontrer quelqu'un qui aime ce monde.
Cela n'empêche, il faut bien que les gens se rencontrent à des endroits précis, dans des régions précises, et qu'ils s'approprient des domaines précis de culture pour qu'on les reconnaisse et qu'ils se reconnaissent entre eux (d'ailleurs tu as utilisé le concept de nation pour définir une culture, même influencé par d'autres territoires) (personnellement je préfère le niveau local).
On ne peut pas entièrement être détaché d'un lieu où on vit, enfin sauf quand on est de culture nomade.
Je pense que ce monde est en train de devenir un monde nomade. Mais je ne comprends pas le mépris généralisé pour le monde sédentaire.
Je n'ai pas peur de me définir comme un cul-terreux, même si je ne suis pas que cela.
Et puis on pourrait faire des reproches aux nomades, aux rônins. :lol-above:

#37 + Partager Maïtiù

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Posté 12 nov. 2008 - 12:36

on peut bien faire des reproches à qui on veut, on trouve toujours.au passage je vois pas ce que viens foutre le ronin ici, mais c'est comme dire "samourai", ca fais bien...

J'ai utilisé des exemples avec des nations par raccourci, ça fonctionne pareil avec des région.
Et je ne vois pas pourquoi faut-il absolument être en un endroit précis pour s'approprier un élément de la culture.
Les bretons de Lyon se reconnaissent entre eux, et on les reconnais.

La plupart du temps même, n'étant pas sur la terre d'origine de la culture qu'on s'approprie, on va mener des études plus pousées qui vont nous permettre d'être finalement plus juste dans notre approche que les habitant du pays d'origine de la culture.

Quand à être détaché du lieu ou on vit, ceci n'implique pas cela. Insinuerai-tu que je ne puisse pas être shintoiste, car je vis dans un lieu, je suis né d'une famille qui est catholique?
Qu'on ne peut pas vraiment danser du vrai breton en dehors de bretagne?

Je ne vois pas non plus de mépris du monde sédentaire, mais un monde où ce qui est trop sédentaire meurt.
N'y a t'il que des extrèmes? sédentaires ou nomade? Mais alors que pense tu des immigrés? ils sont nomades? Ne sont-ils pas sédentaires sans avoir nécessairement la culture de leur terre d'accueil?
Ce qui est sédentaire meurt, car désinteresse ceux qui l'occupent et ne cherche pas à intéresser ceux qui sont loin. Ce qui est sédentaire meurt, car cesse d'évoluer et donc de s'adapter à un environnement en constante évolution.
Les cul-terreux meurent, car ils sont persuadés que ce qui est vieux est forcément bon.
J'ai pris beaucoup d'exemple japonnais, parceque c'est ce que je connais le mieux, mais aussi parceque c'est un peuple très conservateur, et dont de nombreux aspect de la culture a bien failli disparaitre si ils n'avais réagit à temps, et exporté leur culture là où elle interesse quelqun.
Pourtant, ça a été très dur pour eux de voir des "gaijin" apprendre les art martiaux ou le zazen, et rares sont ceux qui n'y croyais pas une seconde. Maintenant, ils sont impréssionés de la qualité de l'enseignement à certains endroit du monde, et conscient aussi que sans l'intérêt du reste du monde pour leur culture, la seconde guerre mondiale, l'économie de bulle des années 80, puis l'ère des NTIC aurai été fatale a cette culture, et ce qui ne serai pas oublié serai au moins au musée.

Où sont les coiffes de nos savoyardes? Au musée.

#38 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 12 nov. 2008 - 19:15

Rônin : c'était seulement l'image du samouraï errant donc nomade (je dois développer?)
Pour faire un raccourcit le sédentaire construit les salles de danses dans lesquelles le nomade vient danser. Au prix actuel du gasoil, le nomade occidental peut se permettre de moins en moins de voyages.
Les bretons d'ailleurs sont nés d'une terre que tu le veuilles ou non, ce sont des culs-terreux qui ont préservés leurs danses pendant que les autres s'abandonnaient à des modes. Tiens, c'est étonnant leur culture nous est parvenue et a traversé des siècles peut-être des millénaires, tandis que la coiffe savoyarde est en perte et c'est bien dommage. Comment se fait-il que tant de jeunes cherchent un habillement "différent". Moi je l'explique par l'uniformisation croissante, si on avait su faire évoluer des cultures locales le problème ne se poserait pas. Tous ces jeunes ont peur de devenir comme les autres, et l'habit quelle symbolique!
Je reviens encore une fois sur cette idée : ce n'est pas parce qu'on va au restaurant qu'on consomme tous les jours ce qu'on mange au restaurant. On peut danser breton dans un autre lieu, mais c'est quand même incroyable qu'on veuille ignorer qu'on le danse parce que des bretons expatriés avaient la nostalgie de leur terre!!!!!!
Les sédentaires savent aussi innover. Ce n'est pas parce qu'on fonctionne en vase clos que l'être humain n'est pas capable de création. C'est d'ailleurs l'inverse. Le tout nomade a abouti à une pauvreté de la variété culturelle. Alors que le fonctionnement en vase clos avait permis la création d'une diversité extraordinaire, je répète incomparablement extraordinaire, par le nombre et la diversité des pratiques.
Enfin ton regard sur le Japon, est vraiment un regard d'occidental. Ils n'ont pas simplement abandonné les arts martiaux, ils ont tout abandonné, car pour eux, justement c'est l'esprit qui compte, et l'esprit japonais ne se situe pas pour eux dans la pratique d'un art martiaux ou autre. Ils sont plus japonais que jamais. Nous nous sommes, par contre, réappropriés leur culture du combat et la partie individualiste de leur religion, en omettant ce qui ne correspondait pas à notre culture. Car notre mentalité guerrière ne pouvait qu'admirer leur science, et notre mentalité individualiste, leur religion, que nous avons là-aussi détournée à nos propres fins.
Comme expliqué plus haut, il arrive qu'on adopte une culture différente en recherchant ou en validant la sienne à travers une autre. Les ruptures que tu insinues n'existent pas. Ce ne sont qu'apparences. Nos cultures régionalistes meurent seulement parce que nous n'avons pas conscience que nous en sommes le produit, et plus grave que nos enfants en seront un produit appauvri.
Concernant la distinction sédentaire, nomade, il est vrai qu'elle n'est pas aussi tranchée. C'est seulement un cadre d'analyse.
T'es-tu interrogé sur l'admiration croissante en occident envers le Japon, ce pays nationaliste, qui s'accroche à ses valeurs à travers les mangas par exemple ? (et quelles valeurs...)

#39 + Partager emily

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Posté 12 nov. 2008 - 19:34

Euh, j'vais pas me mêler de ce truc-là mais je me permets de détourner une seconde le sujet pour demander à Maïtiu si le kendo c'est cette discipline avec un arc et tu fais des mouvements super lents avant de tirer ta flèche et que c'est joli ? Si c'est ça j'ai une copine qu'en fait et ça avait l'air bien, on peut voir ?
Si c'est pas ça, c'est quoi ?
Voilà, c'est tout...

#40 + Partager Tirno

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Posté 12 nov. 2008 - 19:56

Ton discours me laisse totalement perplexe, Laurent16.

Je m'y connais pas du tout en culture japonaise, et j'ai l'impression de pas etre tout seul.

Quand a ce lien avec la terre, il me semble que tu t'inventes une réalité qui te plait mais qui malheureusement n'a pas d'existence en dehors de ton esprit.

Et je vais aller plus loin. Je ne le dirais pas en face à quelqu'un qui pratique d'autres danses que les danses traditionnelles, mais on est sur tradzone!!! : ces gens qui pratiquent de la country, de la salsa, du tango etc... ne croient plus en leur culture. Au lieu d'enrichir la leur, ils se donnent une culture de substitution qui leur permet de rêver d'avoir une identité. Ils n'en auront jamais (ils ne seront jamais vraiment américain, ou sud américain...) c'est une sorte de rêve où ils croient gagner en personnalité.


Je pense que là aussi tu vis une sorte de rêve ou tu crois gagner en personalité, parce que tu as une "cul-terre". Ca me rappelle un peu les américains qui comptent exactement quelle proportion de leurs ancetres sont irlandais et le revendiquent haut et fort.

Les bretons d'ailleurs sont nés d'une terre que tu le veuilles ou non, ce sont des culs-terreux qui ont préservés leurs danses pendant que les autres s'abandonnaient à des modes. Tiens, c'est étonnant leur culture nous est parvenue et a traversé des siècles peut-être des millénaires, tandis que la coiffe savoyarde est en perte et c'est bien dommage.


Euh... apart tout le baggage culturel lié à etre un peuple de marins (la tristesse des séparations car on ne sait pas quel temps elles vont durer, l'habitude de ramener des choses des pays lointains, l'habitude de former des communautés "bretonnes" ailleurs) - et ca c'est pas "breton", c'est "breton des côtes", qu'est-ce qui, en Bretagne nous est parvenu en travers les siècles?

C'est a nouveau un bien joyeux mythe, mais l'Europe est tellement "bâtarde" d'un point de vue culturel que ca m'étonnerait fort qu'il existes des pratiques "traditionnelles" qui nous sont connues aujourd'hui et qui ont plus de 200 ans. Et celà même en Bretagne.

Je suis cent pourcent en faveur des gens qui s'investissent dans la culture "régionale". Surtout en France ou il y ce rapport schizophrène entre nationalisme et régionalisme (c'est à dire que pendant plus de 200 ans, les instances politiques françaises ont tout fait pour détruire la culture régionale, la considérant un obstacle à l'unité politique - et que malgré ca la culture régional française survit...).

Mais je vois pas ce lien avec la "terre". Avant, on naissait dans une culture. On avait pas le choix. Maintenant on peut se la choisir. Et pire encore, presque personne n'a la possibilité d'y naitre. Mais que tu revendiques la culture de la terre sur laquelle tu vis ou que tu choissises une ou plusieurs cultures parce qu'elles plaisent a tes sensibilités, c'est pareil. On ne nait plus breton/auvergnat/irlandais/japonais. Il vient un moment ou on se choisit et qu'on revendique.

La découverte ou l'ignorance... comme dirait Tri Yann.

Message ajouté après : 10 minutes:

(ensuite je ne nie pas que de grandir et vivre à un endroit va nous prédisposer à devenir acteur de cette culture. Normal. on aura 10, 15 ou 20 ans d'avance sur le gars qui se rend compte que cette culture lui plait et qui se la choisit. Mais ca n'empeche en rien qu'on peut etre, de nos jours, 100% breton et se la peter parce que "graet e breizh" et "breizh atav" et "e brezhoneg evel just", sans avoir la moindre idée de ce qu'est vraiment cette culture qu'on s'est revendiqué.)


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