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28 réponses à ce sujet

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ioionette
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Posté 13 mars 2019 - 12:41

Michel Hindenoch - Au Pays de Lerida (1976)

Le seul disque de Michel Hindenoch en solo avant qu'il se consacre pleinement au conte. Solo jusqu'au bout puisqu'il y joue tous les instruments et qu'il y chante également (parce qu'on n'est jamais si bien servi que par soit même et par le re-re, cette merveilleuse technique).
On sent déjà dans le chanteur tout l'art du conteur, en quelques mots et quelques notes, chaque chanson construit un univers et vous y emmène avant même que vous ne vous en rendiez compte. Parlez-moi de maîtriser ses harmoniques vocales et sa micro-rythmie sous-jacente, c'est là que ça se passe. Il y a trois fois rien, mais ce trois fois rien est d'une précision redoutable.

Non réédité mais encore trouvable en vinyl si vous avez la foi de chercher.

 


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Docteur Masu
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Posté 17 mars 2019 - 20:28

Barzaz - An Den kozh dall.- Keltia

J'avais prévu de vous parler de ce disque plus tard, mais ce sera mon hommage à la mémoire de Yann-Fañch Kemener qui vient de nous quitter. En effet, j'ai déjà évoqué le rôle qu'avait eu le disque Henchoù Treuz dans ma rencontre avec le répertoire populaire du Centre-Bretagne. Un autre disque marquant dans ces années qui précédèrent mon départ pour la Bretagne fut sans conteste An Den Kozh Dall (le vieil aveugle), de Barzaz, l'autre groupe des années 80/90, avec Gwerz, qui plaça le chant populaire breton au centre de son propos. Autour de la voix inoubliable de Yann-Fanch, la flûte de Jean-Michel Veillon, la guitare de Gilles Le Bigot, la basse d'Alain Genty et les percussions de David Hopi Hopkins. Youenn Bihan intervient aussi sur certains morceaux (notamment sur le très beau Ar Verjelenn )au binioù et à la bombarde, Thierry Moreau au violoncelle, Josick Allot au hautbois et Jean-Marc Illien aux claviers et programmations.

L'esthétique est très différente de celle de Gwerz, plus "planante" certainement. C'est un disque qui m'a accompagné beaucoup en voiture, que j'aimais écouter de nuit, dans le brouillard, ce qui renvoyait à cette très belle image de couverture, cet étang brumeux dont les tons bleus évoquent l'aurore. Je peux dire que Fanchig Bihan fut des premières paroles en breton que j'ai baragouiné. Cet en-dro entêtant où la flûte et la voix s'entremêlent, s'appuyant sur la basse très rock progressif d'Alain Genty pendant que David Hopi tisse un paysage sonore avec ses percussions, fut longtemps un de mes morceaux favoris.

Les très beaux chants, empreints de cette poésie paysanne, ce "génie" populaire qui avait frappé Yann-Fanch comme il le dit dans le très beau documentaire que Ronan Hirrien vient de lui consacrer, prennent le temps d'être déroulés, servis par l'écrin instrumental, qui permet d'adoucir ce côte qui peut sembler austère au premier abord, des gwerzioù. C'est une excellente porte d'entrée vers cette culture populaire dont on ignore trop les qualités et qui ne peut que nous faire méditer sur le regard que nous portons sur nos ancêtres.

Sur un air de plin, Yann-Fanch Kemener nous offre quelques vers de cet extraordinaire poème autobiographique de Jean Conan, tisserand à la fin de sa vie, mais qui fut aussi pêcheur et soldat à cheval sur le XVIIIe et le XIXe siècle, traversant Révolution et Empire; brûlé par le feu de l'écriture.

Puisque la maladie a arraché à ceux qui l'aimaient Yann-Fanch, nous pouvons célébrer sa mémoire au travers de l'immense travail de publication, tant discographique que bibliographique qu'il nous a laissé, y œuvrant lui aussi avec fièvre jusqu'au bout, au service de la littérature populaire bretonne.

Je vous propose d'écouter Parrez Lok Malo, une de ces chansons qui dénoncent le viol d'une jeune fille, ici par des notables s'il en est, le Maire, le Recteur et le Curé de la commune de Locmalo, en pays pourlet et l'immunité dont ils bénéficient, par la complaisance de l'évêque.

https://www.youtube....h?v=1gHEAyoahn4

Pour en savoir plus sur Jean Conan, quelques liens

https://www.skolvreizh.com/index.php…

https://www.persee.f...um_287_1_1480_…

https://gallica.bnf....r-Christ.langFR

Keno lâran dit ur wech diwezha Yann-Fanch,


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#23 + Partager Docteur Masu

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Posté 21 mars 2019 - 12:40

Les Poufs à Cordes - éditions Pagans

Voici que reviennent les Poufs à Cordes, le duo à cordes frottées de Clémence Cognet et Noëllie Nioulou avec un tout nouvel album.

Clémence est au violon, Noëllie au violon ou au violoncelle. Ça commence très fort avec une magnifique pochette avec deux danseuses de bourrée psychédéliques devant des choppers.

Mais le principal est dans la pochette. On retrouve ce qui fait la patte des Poufs, l'éclectisme dans les esthétiques. On passe de danses où les deux violons vont explorer les sonorités du jeu de routine. J'ai un petit faible pour la bourrée qui ouvre l'album, La Craba, une composition de Noëllie. Des incursions vers le baroque, évidemment, notamment avec cette marche tirée d'Alcyone de Marin Marais, enchainée par une valse lente composée par Clémence et baptisée Albione. Et il y a d'autres références à des esthétiques des musiques savantes occidentales, pas seulement baroque, comme dans cette composition de Nicolas Rouzier, Lo Jau Negre, ou dans les arrangements de cordes du chant La Mer Coulante/Rossignolet sauvage.

De la très belle ouvrage.

On peut écouter l'album sur Bandcamp, y acheter le CD ou le CD numérique.

https://pagans.bandc...es-poufs-cordes
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Posté 23 mars 2019 - 09:56

Le Barde Lors Jouin - Chansons de la Bretagne éternelle d'hier et de toujours pour maintenant par rapport à demain - Keltia

Je vous l'avais dit que je reparlerais de Lors Jouin, personnalité atypique, pour euphémiser et que je tiens pour une sorte de génie. Chanteur de grande qualité, excellent bretonnant, c'est aussi un acteur qui a oeuvré dans des spectacles mythiques (que je n'ai hélas pas vus, comme L'Emir de Langoëlan, ou l'opéra Le Retour du Kaolmoc'h). Il possède d'ailleurs une ressemblance frappante avec un acteur disparu, mais je n'en dirais pas plus, réservant ceci à la page Les sosies du trad).

J'ai eu la chance, dans le cadre de mon boulot de l'époque, d'assister à la première du spectacle, en 2005 au théâtre de Cornouaille, dont cet album est issu. J'ai énormément ri, c'est même sûrement un des spectacles qui m'a le plus fait rire. Lors Jouin prête ici son physique au personnage du Barde, personnage tonitruant, revêtu du costume breton d'opérette qu'on lui voit sur la pochette, avec cet indispensable bragoù braz si prisé par les bardes folkloristes du siècle dernier. Il est accompagné par l'accordéoniste Robert Kervran à l'accordéon midi, profitant de toutes les possibilités musicalo-farcesques de l'instrument.

Toutes les chansons "bretonnes" sont en français, mais comme il ne sera pas laissé dire aux teodoù fall (les mauvaises langues) que le barde ne sait pas le breton, on peut néanmoins entendre la version bretonne, avec incrustation de chinoiseries à l'accordéon, de Rikita.

Tout ça est méchamment drôle, provoquant ce rire franc et subversif, fondé sur un humour à tiroirs, un humour à trois dimensions. On peut évidemment rire de ces chansons d'hier (mais de toujours par rapport à demain) et de leur alignement de clichés . Il est de bon ton chez le militant breton de, au mieux, railler Botrel, quand il n'est pas considéré comme britto-traître infâmant souffrant du syndrôme bécassine. Et pourtant, pour l'observateur attentif, la militance identitaire d'aujourd'hui est-elle même porteuse de clichés et d'éléments d'un folklorisme assez cocasse (je pense par exemple au nationalisme breton ouvert sur le monde qui égale en puissance comique les valeurs universelles françaises de lutte pour les Droits de l'Homme). Et puis, dans la liste des morceaux, il y a quand même l'incroyable En Avant les Bretons, composée par Olivier Mordelle, dit Olier Mordel, membre du Parti Autonomiste Breton (puis cofondateur du Parti National Breton, de triste mémoire), proche des Seizh Breur et cofondateur avec Roparz Hemon de la revue Gwalarn. Si on écoute les paroles, c'est bien pire que Bécassine. Dans le spectacle, une projection de manchots (cet oiseau gwenn ha du) illustre la chanson. On appréciera la symbolique.

Parce que derrière le rire, il y a quand même matière à s'interroger. Des chansons comme C'est Rostrenen qui chante sont encore chantées dans des clubs du 3e âge par des gens qui sont issus du monde qui a porté quasi à lui seul la culture de langue bretonne. Le besoin identitaire n'est pas seulement nationaliste, racial. Mais il nous pousse souvent à nous identifier par le rejet d'un autre qui nous semble contraire.

L'interprétation de Lors est drôle parce qu'il manie la caricature avec subtilité, avec causticité et en même temps 1f642.png:) tendresse. Que ce soit dans les chansons exhalant la bruyère de la lande bretonne (Je te retrouverai), dans les chansons grivoises (La Brune de Langoelan, Petit Pierre) ou les chansons patriotiques (Ah ! Ce Général de Gaulle!). Taquin, il nous glisse une chanson socialiste, Jean-Pierre le Charron (La Médaille en Argent, colonne de droite de cette une http://collections.b...15288/PAGE0_PDF), pas si anodine, il suffit de se remémorer le mouvement de Bonnets Rouges.

C'est un de mes albums de chevets, et un certain nombre de ces chansons sont venues grossir mon répertoire.

Je vous propose d'écouter la Marche de l'épagneul breton, une chanson composée par un vétérinaire de Callac, dont j'ai oublié le nom, mais que certains me rappelleront peut-être, qui avait le sens de la farce. Elle fut d'abord enregistré sur un 45 tours par un accordéoniste du coin, dont j'ai aussi oublié le nom, décidément je me fais vieux, en marche sur la face A (la marche de l'épagneul breton) et en madison sur la face B (le madison de l'épagneul breton).

https://youtu.be/DHV9LTCoSO8


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#25 + Partager Docteur Masu

Docteur Masu
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Posté 01 avril 2019 - 06:45

Puech– Gourdon -Brémaud. ZOUK ! -Editions La Nòvia

Ceux qui connaissent le collectif La Nòvia risquent fort d’être surpris en découvrant ce nouvel opus, comme je l’ai été. En effet, le trio Puech-Gourdon-Brémaud nous livre ici un album intitulé Zouk ! qui est ce qu’il dit être. Oui vous m’avez bien lu, c’est un album de zouk que nous propose les 3 compères. J’ai d’abord cru à une blague potache en découvrant la pochette et les titres composants l’album. Mais non, et aussi surprenant que cela puisse paraître, malgré l’originalité de la proposition, on retrouve l’univers protéiforme et avant-gardiste de La Nòvia.

Cet album improbable est né suite aux vacances guadeloupénnes du talentueux Jacques Puech, aux oreilles toujours ouvertes. Lui qui chante aussi en occitan, ne manque pas de se laisser séduire par le créole et au cours d’une soirée au village vacances, ti punch aidant, il se laisse entraîner par les rythmes endiablés du zouk, genre musical pour lequel il ne nourrissait pas d’intérêt particulier jusqu’ici. Il découvre alors l’essence de ce genre, avant-gardiste et nourri de traditions, inscrit dans la lignée des musiques afro-caribénnes. Et si derrière ce genre un peu trop vite étiqueté world commerciale se trouvait quelque chose de plus profond ?

Insatiable, Jacques se plonge dans les musiques locales, délaissant la plage et les bords de la piscine pour s’immerger dans la culture locale (ce qui explique, pour ceux qui le connaissent, ce bronzage décevant à son retour). Au retour, il mettra peu de temps à trouver les arguments pour convaincre Basile Brémaud et Yann Gourdon (d’autant plus que, fruit du hasard, ce dernier, afin de se débarrasser de quelques kilos superflus, s’est inscrit à l’atelier kizomba de la MJC de Chadrac) de se lancer dans ce nouveau projet musical.

L’idée qui a présidé à cet album, s’est de s’emparer des tubes du Zouk qui ont trusté les hits-parades métropolitains en les débarrassant de leurs oripeaux commerciaux, en les reconnectant à l’histoire musicale caribéenne. Et l’exercice est réussi. La voix pleine de malice de Jacques Puech s’empare de Fruit de la Passion, le tube de Francky Vincent, avec une assurance étonnante. Le violon de Basile fait merveille, lorgnant du côté de la biguine pendant que la vielle tour à tour planante et groovy vient illustrer avec pertinence le tube Maldon de Zouk Machine et son fameux « Nétwayé, baléyé, astiké »

Bref je vous invite à laisser vos à priori au vestiaire et à courir vous procurer ce disque qui pourrait bien faire un malheur cet été auprès de la Novià.
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Posté 07 mai 2019 - 15:52

La Bergère - Étreintes (2014)

Un très beau choix de répertoire, un accompagnement qui est un écrin parfait pour les textes et les mélodies. Et puis la voix de Sylvie Berger, parfaitement placée là. Qui a l'air si fragile, qui ne l'est jamais. Avec des placements ou des arrivées sur les notes qui paraitraient parfaitement pop ou mièvres si elle en faisait juste un micro-truc de plus, mais qui sont si parfaitement dosés vous font juste vibrer le cœur. Un numéro d'équilibriste fascinant et vibrant.

 

Sylvie Berger : chant
Julien Biget : guitare, bouzouki, claviers, chant
Emmanuel Pariselle : accordéon diatonique, flûte, chant

 


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#27 + Partager loic

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Posté 17 mai 2019 - 09:45

Zonk - An daou du
la musique irlandaise en Bretagne a une longue histoire. Une longue histoire mais aussi une histoire complexe, du fait d'une idéologie panceltique, on a essayé de faire des rapprochements musicaux qui n'ont pas forcément lieu d'être, avec des résultats qui m'ont parfois semblé pas très heureux, avec de l'irlandais qui "sonne breton" (ou du breton qui "sonne irlandais").
C'est ainsi avec une certaine méfiance et une bonne dose de préjugés que j'abordais ce groupe, qui se revendique ouvertement "bipolaire" (irlandais/breton).

Je me suis lourdement trompé, comme me l'a démontré leur double soirée de lancement/anniversaire : une soirée irlandaise et un fest-noz. Le double CD (un de musique irlandaise, un de musique bretonne, vous l'aurez deviné) tout autant.

Le volet irlandais est parfaitement maitrisé, ça transpire l'imprégnation, on entend que ceux là ont été s'abreuver "à la source" irlandaise, et pas de seconde main. 
Les variations et ornements sont fins, ça swingue à mort, le choix des morceaux est bien fait. 
Le clavier, loin de plomber le tout (encore un a priori que j'avais, sans doute de ceili bands pas très bons), apporte un accompagnement riche, subtil et rythmé.
J'ose le dire, c'est l'un sinon LE meilleur CD de Musique Irlandaise d'origine française que j'ai jamais entendu !

La galette bretonne est du même niveau, on y retrouve la subtilité, la richesse et le groove du quatuor, et une solide connaissance de cette musique.

Bref, un (double)-album et groupe chaudement recommandé !

http://zonkmusic.com/


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Posté 28 juin 2019 - 10:59

Diwar an Ero - Editions Al Leur Nevez

Ca fait un moment que je voulais chroniquer cet objet, ce double CD inclu dans un livre. Il est sorti il y a un an et on le doit à Al Leur Nevez, association créée en 1964 par Loeiz Ropars, le plus célèbre des artisans du fest-noz moderne. Ce n'est pas à proprement parler une nouveauté, puisqu'il s'agit de la réédition de 7 disques analogiques, un des Mesaerien Poullaouen et 5 Mouez Breiz. Le Mesaerien Poullaouen était un 33 trs en 30 cm, les Mouez-Breiz pour certains des 45 trs en 17 cm et d'autres des 33 tours en 25 cm. Il y a aussi un inédit, un 78 trs qu'on doit à l'ethnomusicologue Claudie Marcel Dubois. J'en parle tout de suite, parce qu'il a surtout un intérêt documentaire. C'est un enregistrement privé de 1949, réalisé lors des Fêtes de Cornouaille à Quimper. On peut y entendre Loeiz Ropars (28 ans à l'époque) chanter une suite gavotte avec Roger Le Béon, son compère d'alors.
Si j'ai précisé les supports originaux, c'est que le travail qui a été effectué est d'avoir cherché à se rapprocher de la vitesse originale d'exécution, puisque pour faire rentrer ces longues suites sur les disques, on accélérait le tout allègrement, donnant des tempi trop rapides et des voix timbrant trop haut. Le son n'a pas été traité numériquement, donc on profite également de la qualité de l'analogique.

Pour ce qui est du contenu, c'est l'occasion d'entendre (ou ré-entendre) des enregistrements historiques de ces chanteuses et chanteurs que Loeiz Ropars su réunir. Des suites de dansoù-tro mais aussi des mélodies, dont bien des "tubes" de la pratique populaire de ce pays Montagne. Vous pouvez retrouver une bonne part d'entre eux sur le CD que Dastum a consacré aux chanteurs de tradition du pays Montagne dont je vous ai également parlé ici il y a quelques mois(et dans lequel vous pourrez trouver des éléments biographiques sur les chanteuses et chanteurs présents sur ces disques). Pour les fans de Catherine Guern, il est absolument indispensable de se la procurer, les enregistrements de cette dernière morte avant la création de Dastum sont quand même assez rares. Avec E Montroulez er bord ar hae, qu'elle chante avec Marie Boudéhen, elle nous démontre une fois de plus ses qualités de narratrice et un pouvoir comique certain. J'ai un gros faible aussi pour Ar Zoudard Maleürus sur un ton long chanté par Marie Goavec et Mme Nedelec, avec cette manière si particulière de profiter de la liberté rythmique à l'intérieur du cadre strict. Les danses ont toutes été enregistrées chantées dans la ronde, mod koz quoi!

Parlons maintenant un peu de la partie livre, puisque vu son format, c'est une partie importante de cette édition. Si il n'est pas forcément plus riche en matière que le livret du CD Dastum ci-dessus mentionné, il est nettement plus commode à consulter. On y retrouve la copie des pochettes originales, les paroles des chants et leur traduction avec quelques commentaires. Mais aussi des témoignages, comme la reproduction d'un texte de Herri Gourmelen (en breton) paru en 2001 dans les Mémoires du Kreiz Breizh et un autre de Loeiz Ropars. Pour les non bretonnants, il faudra se contenter d'un texte de Jefig Ropars, fils de Loeiz et de l'exposé de Yvon Guilcher. On y retrouve toutes les qualités d'Yvon Guilcher, de rédaction, d'érudition. C'est aussi un témoin incontournable en la matière. Dommage que le manque de rigueur scientifique qu'il reproche aux autres ne lui soit pas non plus complètement étranger. Certaines de ses remarques sur la pratique actuelle relèvent plus de ses préjugés que de la réalité. Quand à la question des diskanerien multiples, ce qui n'est pas non plus ma tasse de thé, je pense qu'il règle ça un peu vite en mettant en parallèle Frères Morvan et Soeurs Goadec. C'est dommage que doué de qualités musicales certaines et d'une érudition incontestable, il n'aille pas un peu loin sur le sujet. Mais que ces dernières aient été popularisées par Stivell, pour qui je n'ai que peu de goût, doit à mon avis pas mal à ce traitement un peu lapidaire de sa part. Epistemologix ne me tiendra pas rigeur j'espère de cette petite acidité de ma part. Et je le répète, il faut lire son texte, il est très intéressant. Mais il faut le confronter à d'autres sources.

'Un extrait, avec Ar Gomer chantée par François Jaffré et Fransoù-Louis Gall

 

https://youtu.be/Z9842-v3VMM


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Posté 16 juil. 2019 - 22:50

PLANCHÉE - 2019 - Aepem

"La Haute-Bretagne existe, je l'ai rencontrée".

La scène trad, pour peu qu'on se plaise à sortir parfois des sentiers rebattus, regorge de saveurs dont je me repais à loisir. Ceci dit, les albums qui vous embarquent de la première à la dernière note, avec un groove de derrière les fagots de mémé qu'on pousserait pas dans les orties, c'est pas tous les jours non plus, il faut le reconnaître.

Cet album de Planchée est une pépite, une vraie, qui brille de tous ses décibels nichée au creux de nos tympans éblouis. Je pourrais vous parler de la pertinence de valoriser ce répertoire haut-breton méconnu, de la manière dont cette langue gallo réjouit les oreilles et le coeur. De ces arrangements étudiés, de ce refus de la facilité sans tomber dans le snobisme. Mais le principal, l'évidence, c'est ce constat implacable : cette musique te cueille et t'embarque, tu en oublies la vaisselle, tu pousses les meubles et tu fais péter l'avant-deux.

On peut bien sûr évoquer aussi la délicieuse complicité qui unit les trois compères, l'éclatant plaisir qu'ils prennent à musiquer ensemble. Mais laissez-moi m'attarder sur la complémentarité des timbres, sur l'harmonie subtile des couleurs et des personnalités. La contrebasse " 'Ttention les yeux et les oreilles messieurs dames, on est pas là pour jouer au palet" de Dylan James, qui maîtrise l'archet, les pizz et le plectre comme un député LRM la langue de bois. Sa voix "Oui je chante aussi, déso, et tant qu'à faire je fais pas ça à moitié pour dépanner." Le violon "Vazy Paulette on se reposera quand on s'ra morts" de Manu Bouthillier, et sa voix "Bang bang she shot me down". Ses pieds, qui semblent être une définition honnête du mot cadence. Et puis, last but absolument pas least, l'accordéon "Ben je voudrais pas voler la vedette aux copains mais je donne pas ma part de groove et de sensibilité aux cochons, nan mais sans blague" de Yannick Laridon.

Pour finir, saluons sur cet album la présence de Marthe Touret, invitée de choix, la cerise sur le gâteau, l'oeuf miroir sur la galette, l'ail dans la truffade.

Bref : c'est beau et c'est bon. Ça te fait soupirer d'aise.

C'est tout frais, ça vient de sortir chez l'Aepem, et si avec ça t'as pas envie de passer commande de ce bijou séance tenante, je rends mon tablier.




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