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Pizzicas sur la toile


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14 réponses à ce sujet

#1 + Partager Rodrigue

Rodrigue
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Posté 10 févr. 2008 - 18:06

La pizzica
(pizzica de la tata = morsure de la tarentule)(tarantola en italien)

J'ai découvert cette danse à Andanças, début août, avec le groupe Spakkabrianza qui était accompagné de quelques Italiennes. Spakkabrianza, je connaissais de nom à Gennetines, mais j'évitais soigneusement les danses du sud de l'Italie en bal et en atelier car j'avais un a priori négatif sur ces danses, rapport sollicitation des articulations...
Donc je vois ces belles danseuses danser en couple ou inviter les hommes dans un dispositif en ronde. Et s'éclater. Je me suis esquivé, mais j'ai regardé... et apprécié.

D'où ma recherche rapide de vidéos sur la toile. Si les paragraphes semblent décousus, c'est qu'il s'agit pour la pluspart de traductions provenant de sites différents mais j'ai essayé d'éliminer les redites. Je ne prétends pas être exhaustif ni synthétique. Ni même être dans le vrai; c'est juste pour faire découvrir cette danse et cette musique à ceux qui ne connaissent pas encore. Je pense suivre un atelier avec Spakkabrianza cet été à Gennetines, et vous ?

Situation:

Je résume: les deux familles de danses (pizziche et tarentelle) ont une origine commune: l'exorcisme du tarentisme (ou tarentulisme) dans le sud de l'Italie (pour combattre la toxicité du venin, et canaliser les mouvements anarchiques qu'il provoque, il s'agissait de faire danser jusqu'à épuisement la victime).
A l'Ouest, en Campanie (Naples, Salerne), en Sicile et en Calabre (le pied de la botte), c'est la tarentella. Apparemment les dispositifs et les rythmes sont variés: à deux, à deux au milieu d'une ronde, ronde qui se déplace latéralement et vers le centre; les danseurs tournent beaucoup; la musique est normalement en 6/8.
La tammora ou tammurriata est une tarentelle en couple menée au tambourin (ou castagnettes). Le pas est marché ou chassé, et l'évolution des danseurs ressemble plus à celle que l'on observe dans la pizzica.
A l'Est, dans les Pouilles (le talon de la botte:Tarento, Brindisi, Lecce), c'est la pizzica pizzica, et plus particulièrement dans la région du Basso-Salento, province de Lecce, le bout de l'Italie.
Le Salento, qui comprend toute la province de Lecce une bonne partie de la province de Brindisi et le sud de la province de Tarente, parle un dialecte de type sicilien, le salentin. Dans la province de Lecce il existe un îlot linguistique hellénophone en voie de disparition: la grecìa salentina comprenant neuf communes où est parlé une langue néo-grecque, le griko (voir paroles de certains chants à pizzica en fin de dossier). C'est dans ce Salentin rural que la tradition de la pizzica s'est fragilement maintenue, et qu'ont travaillé les chercheurs.

Tarente parle le dialecte tarentin; c'est un dialecte communal, car il a la caractéristique d'être parlé presque exclusivement à l'interieur de l'enceinte communale. La pizzica est pratiquée à Tarente en bal mais la tradition est perdue. Certains préfèrent donc préciser: Pizzica leccese pour la danse qui a été collectée et est pratiquée dans des famille du bas-Salentin.

Pour info:
Les colonies de Celle di San Vito et de Faeto, dans la province de Foggia (Pouilles du nord) sont de langue arpitane, une minorité linguistique francoprovençale d'environ mille habitants, dont l'origine remonte aux croisades.
Plusieurs villages sont peuplés d’Arbëresh, descendants des mercenaires albanais installés dans la région depuis le XVe siècle.


Origine du tarentulisme: plusieurs hypothèses

La pizzica tarentata est donc la forme ancienne thérapeutique de cette famille de danses. Elle était sensée guérir des effets de la morsure de la tarentule. L'épicentre moderne de cette musico-choréo-chromothérapie était la maison du tarentulé (tarentato), près de la chapelle SS Pietro e Paolo en Galatina (ville près de Lecce). Saint Paul de Galatina est le saint guérisseur de toutes les douleurs, qui accorde la rémission aux tarentulés. Selon la Bible, alors que Saint Paul prêchait en Judée, le peuple ramassa des serpents et autres bestioles et les lui jetta pour l'empêcher de répandre la parole de Christ. Mais le Saint fit le signe de la croix et les bêtes furent écrasées.

Au sujet du tarentulisme, syndrome endémique avéré du XIII° au XVIII° siècle, s'il est vrai que les paysans du sud de l'Italie étaient exposés à la morsure d'une lycose ou araignée-loup (la lycosa tarentula), surtout durant les moissons, les scientifiques s'interrogent sur l'origine véritable de ce mal, caractérisé par un état léthargique, parfois interrompu par des crises catatoniques (agitation hystérique avec attitudes rigides et grotesques), avec rechutes possibles à la date anniversaire de la morsure (voir plus bas).... Car le tarentulisme a aujourd'hui disparu alors que la lycose subsiste. De plus, bien que cette araignée soit de grande taille, sa morsure ne paraît pas dangereuse, juste un peu douloureuse, et, comme toutes les araignées, elle fuit l'homme. (NB: ce que les anglo-saxons appellent "tarentulas" sont toutes les espèces proches de la mygale, veuve noire, ... alors qu'en français, la tarentule est spécifiquement cette lycose de Tarente)

C'est donc plutôt que la tarentule, à laquelle est attribuée le tarentulisme, est un animal mythique, tenu pour responsable de ce qui pourrait bien être en fait une réminiscence des extases médiévales, hystéries et transes collectives. Pourquoi celles-ci se seraient perpétuées plus ici qu'ailleurs? Il se peut qu'elles aient gardé une utilité sociale en servant de prétexte à danser dans une région et à une époque où musique et danse étaient interdites. Certains y voient aussi la christianisation au Moyen-Âge de rites de possession dyonisiaques de la Grande Grèce (capitale: Tarente), ce qui expliquerait l'ancrage, puis la persistance de cette tradition antique. La grande parenté de la pizzica avec des danses grecques plaide en faveur de cette hypothèse. Mais on retrouve aussi des formes similaires en Andalousie et en Sicile. Il faut cependant se garder de ne voir dans ce mythe qu'une mystification populaire (au second degré) des censeurs de l'Eglise, du moins une fois le mythe installé, car la danse n'était pas la seule option thérapeutique: on a mis plusieurs victimes dans des fours, car on avait observé qu'une température élevée semblait vaincre le mal. Méthode qui guérissait souvent définitivement le tarentulé...

Il est probable que certains cas de tarentulisme aient été induits par la pression sociale ou un déséquilibre individuel, et que le peuple en ait ainsi profité pour légitimer auprès de l'Eglise une pratique chorégraphique assez impudique. Une étude de 1959 (Ernesto De Martino) sur des cas de tarentulisme contemporains va plus loin; mettant en évidence la rareté de la morsure dans les cas étudiés, elle constate que la tarentule devient un prétexte pour régler des traumas psychiques d'origines diverses: deuil, crise de puberté, frustrations, conflits familiaux, amours perdues, conditions économiques difficiles. Le tarentisme est aujourd'hui disparu dans sa forme originale, en raison de la mutation radicale de ses composantes psychologiques, sociales, culturelles, économiques et religieuses.


Le rite: thérapie ou alibi ?

Dès qu'une victime (surtout une femme) était diagnostiquée, on l'emmenait dans la maison des musiciens ou sur la place publique du village. Dans la pensée magique, la combinaison de la musique, de la danse et de la couleur (rouge par exemple) passait pour lier la victime à l'araignée qui l'avait mordue: plus la victime dansait, plus la bête souffrait, pour finir par éclater. La tarentule est donc bien un animal mythique car ces musiciens thérapeutes (capi attarantati) devaient identifier la nature de la bête à exorciser, en fonction des mouvements de la victime, de son attirance vers l'eau, etc, puis choisir un tempo, un rythme, un mode musical et une couleur en conséquence. Mais il s'agissait aussi de provoquer et d'accompagner une transe pour combattre la torpeur, ou au contraire de canaliser l'agitation hystérique en cas de crise. La victime allongée sur un lit ou sur le sol commençait par écouter la musique en bougeant la tête et les jambes. Elle pouvait se raidir, se balancer, rouler, ramper ou marcher sur le dos, imitant ainsi l'araignée. En général, elle était incapable de se tenir debout. Elle battait aussi des pieds en mesure avec la musique, comme pour écraser la bête. Le rituel durait des heures, voire des jours. Les musiciens se relayaient et jouaient en continu pour ne pas interrompre le flux musical. A son paroxysme, la gesticulation pouvait être acrobatique et, à la fin, la victime tombait épuisée. Les tarentulés rescapés (de la transe ou du venin) allaient rendre grace à la chapelle de Saint-Paul de Galatina, buvaient l'eau du puits sacré attenant et effectuaient un brève chorégraphie. Ils effectuaient le pélerinage le 29 juin de chaque année en revivant leur transe. Il en reste une fête patronale encore vivace.

Origine de la pizzica:

Le fait que des éléments musicaux et chorégraphiques de cette thérapie soient parvenus jusqu'à l'époque contemporaine sous des formes assez particulières de jeux suggestifs amoureux ou tragiques encourage à analyser ce mythe aujourd'hui de la façon suivante :
Au cours du XVIIe siècle, la religion interdisait la danse et la musique. La construction ou la récupération d'une thérapie de groupe permettait de s'adonner à la fête en contournant les interdits. Lorsque le contrôle moral s'est relâché, cette forme thérapeutique a évolué dans la tradition populaire en danses de couples effectuée sous le regard de la collectivité. Ces pizziche ont évolué à côté de la forme thérapeutique jusqu'au XX° siècle, sous deux formes.

Les formes actuelles:

La pizzica tarentata a donné la pizzica de chore (core=coeur), danse de séduction en couple, emblématique du Salentin. Traditionnellement donc, les danseurs évoluent au centre d'une ronde qui comprend les musiciens (chanteurs, flûtistes, tambourinaires, violonneux), sans jamais se toucher, ou par l'intermédiaire d'un mouchoir ou d'une écharpe. L'homme courtisan et la femme courtisée communiquent par le regard, qui peut être provocateur, et des gestes et attitudes suggestifs et propres à cette danse (en gros, le coq et la poule). La femme se sert aussi de son mouchoir comme accessoire de séduction, et pour provoquer et inviter un cavalier pour un tour de danse. L'homme est tenu d'accepter l'invite. Quand elle le décide, elle le congédie et va choisir un autre partenaire dans la ronde. En fin de danse, la femme offre son mouchoir à l'homme qu'elle a le plus apprécié (et qui lui a ravi le chore) parce qu'il a su le mieux accompagner toutes ses fantaisies. Si elle est fatiguée, elle lui laisse le soin de commander la danse. On note une similitude avec nos "danses du mouchoir" et autre branle du chandelier. Ce qui a marqué les témoins du début du XIX° siècle, c'est l'érotisme et la "sauvagerie" de la danse, et le fait qu'une femme la commande.
Libre traduction d'un article de Eugenio Imbriani sur pizzica.it:
<<
Témoignage peu charitable de Guiseppe Lis in "Superstitions, croyances et traditions en terre d'Otrante" [1893, réed.1998]:
Certains ont l'habitude de danser dans les maisons; d'autres aux carrefours des chemins; certains sont en vêtements de fête, d'autres quasiment nus; certains tiennent en main des mouchoirs ou autres ornements féminins, d'autres des ustensiles ménagers.
L'une des formes les plus barbares est celle qui se déroule dans l'eau. Non seulement ils s'y agitent jusqu'à la taille, mais en plus ils se versent continuellement de l'eau sur la tête à l'aide de cuvettes. Ce spectacle inspire la pitié, et ces croyances le mépris.
La danse est invariablement accompagnée du son monotone et cadencé du violon et du roulement inégal d'un tambourin à castagnettes. [...]

>>

La pizzica tarentata a aussi donné la pizzica scherma (escrime), danse des épées (danza delle spade) mimée entre deux hommes. S'agissait-il de régler par la manière douce un différend entre deux prétendants, ou était-elle étendue comme alternative à tous les réglements de compte?
Attention, parfois elle est confondue avec la forme précédente.

Libre traduction de l'article "L'épée, le code, la ronde à la nuit de San Rocco de Torre Paduli" (de Daniele Vigna sur pizzica.it):
<<
Après la procession, les pélerins se regroupent sur le parvis de l'église. Certains sont venus à pieds et dormiront dehors. Ils se retrouvent après un an, se saluent avec respect et entrent prier un instant tandis que dehors, la foule d'hommes est déjà là, formant de petits cercles avec les tambourinaires. Un ancien crie "Au nom de Dieu!". Les pouces commencent à battre les peaux chauffées par les feux qui ont été allumés ça et là sur le parvis. Le cercle d'hommes s'élargit comme une fleur, tandis qu'un rythme lent, puissant et régulier se répand, qui fait vibrer les pieds et remonte dans les ventres et les poitrines.

Les deux premiers à relever le défi font un signe, s'immobilisent en se tenant par les mains, se fixent du regard... et présentent leurs armes symboliques: index et majeur levés, pouce refermé sur les autres doigts. Les jambes sont fléchies et légères, le centre de gravité est bas, le dos est détendu, les épaules droites et le regard ferme! Chacun tourne et tourne encore, en étudiant son adversaire et en guettant le moment propice pour profiter d'une brèche dans la défense de l'autre. A tour de rôle, chacun attaque puis se défend, en bougeant et respirant en rythme. Selon l'ancien code, celui qui est touché plusieurs fois doit sortir de la ronde; le rituel commence peu à peu à s'animer et le rythme des tambourins accompagne bientôt celui du coeur: Tthum! Tthum! Tthum tthum tthum! Un autre signe, et deux autres adversaires se prennent par la main et commence un nouveau défi. Les défis se succèdent dans les cercles qui vont s'élargissant... les regards, subjugués par l'éclat cuivré des cymbales, observent enivrés la danse des corps et des tambours.

Le code veut que chaque attaque soit présentée et lancée sur le dernier accent du tercet en accompagnement du battement sonore du pied sur le sol. Personne ne peut transgresser, manquer de respect à l'adversaire signifie offenser toute l'assemblée et risquer d'être chasser avec force et mépris de la ronde. C'est au fil des défis, des fêtes, des années, en observant l'adversaire, en faisant des erreurs, que les gestes sont appris, que les règles et les précieux enseignements des maîtres sont compris. Respect, persévérance et mesure sont la clef. Ceci dit, pendant le défi l'homme est seul, en aucun cas il lui est permis de transgresser les règles, ou bien le maître sera le premier à punir ce sot méprisable et à le chasser dans le déshonneur.
Il n'est pas permis de frapper au visage, signe de sottise et d'arrogance;
il n'est pas permis de détourner ses épaules de l'adversaire, cela blesserait son orgueil;
il n'est pas permis de porter le coup, seulement d'effleurer le corps de l'adversaire, et en cas de violence accidentelle, les excuses doivent être immédiates, en faisant un signe de la main droite.

Pendant le rituel, la valeur de l'homme se juge à son agilité dans les postures, sa connaissance des règles, et sa faculté à communiquer par signes avec l'adversaire. En effet chaque attaque est annoncée par un signe particulier. Ce code est si structuré qu'il rend impossible l'utilisation de la danse dans les combats de rue; tout au plus permet-elle de mieux se défendre. Le respect pour la vie et l'intégrité de la personne est sacré. Depuis longtemps, épées et couteaux rouillent en terre, et seul le symbole demeure.

L'aube du 16 août se lève pour saluer le soleil des âmes des danseurs et leurs corps épuisés imprégnés de sueur et de respect... pour ranimer les mains qui danse sur les tambourins rouges de sang... pour réveiller les pèlerins assoupis contre les flancs de l'église. Commence la messe, les tambours s'arrêtent et aussi la danse, par déférence au Saint! Les yeux sont fatigués mais encore chaud et fiers...

>>

Pizzica et mouvement folk:

Deux groupes au moins : Rosapaedia et Officina Zoé.
http://www.rosapaeda.it/

OFFICINA ZOE Pizzicas des Pouilles

Révélé au grand public par le succès du film « Sangue Vivo » récompensé par le 1er prix du Festival Méditerranéen de Montpellier, le groupe OFFICINA ZOE est devenu la vitrine d’un véritable phénomène de société en Italie, semble t-il analogue séduisant surtout le public des jeunes, qui y trouve, d'après des musicologues, "toute l’énergie d’un rituel collectif dans lequel se mêlent pareillement tradition et extraordinaire modernité".

Des observateurs étrangers sont étonnés de voir autant de monde aux concerts de pizziche, autant de jeunes. Sur une vidéo, un italo-américain appelle cela une "rave italienne". Parce que tout le monde y bouge et qu'en fin de concert se forment ici et là des petites ronda di pizzica, menées à la voix ou au tambourin.
On y voit un phénomène de société qui touche la jeunesse italienne.

VIDEOS

Pizzica tarantata:

Exemple d'exorcisme: un extrait d'un vieux documentaire: "La Tarenta" de Mingozzi


Groupe folklorique avec mise en scène d'une tarentulée


Une interprétation du "rituel" en accéléré (d'après l'auteur):
http://myspacetv.com... ... d=18302674

Pizzica scherma:


Pizzica de chore:
Pas de base (une idée: investissez vos garages collectifs):

Des bouts d'choux qui dansent:
... 07_parties

Ronda di pizzica dans la rue, lors de la Nuit de S.Rocco près de Lecce (mauvaise qualité):
3 couples qui se succèdent (>7min). Jeux de bras, tenue du mouchoir.

3 couples (>2min)
http://www.metacafe....zica_sud_italy/
4 couples au style plus dynamique, jeux de jambe


Vidéo d'un centre culturel de Tarente: l'objectif suit les évolutions d'une danseuse; admirez la précision et la variété des pas

3 styles différents sur scène: on voit bien les pieds des danseuses

Sur scène, démonstration solo (toujours une danseuse...):


Là on croit reconnaître quelqu'un...


Un exemple de catastrophe: présentation de la "Tarentelle apulienne" par un groupe folklorique. Chant et air du bas-salentin. Mais une chorégraphie stylisée qui doit emprunter aux tarentelles occidentales, absence du jeu de séduction: de l'escroquerie si ce spectacle est présenté à l'étranger comme typiquement apulien ou même italien.

Les commentaires sont rigolos: "Vive les traditions italiennes", "c'est une danse mexicaine", "une polka russe", "ils parlent un patois albanais"

Pizzica et tarentella:

Quelques liens sur la tarentella calabrese, pour comparer avec la pizzica:

Comment les différencier ? Rythme plus enlevé, plus de triolets, plus de jeux de jambes, pas plus "souple" et moins "tombé", plus de contact entre danseurs, ronde plus active ?

Sur cette vidéo, concert de pizziche (airs 1 et 3) et de tarentelle (airs 2 et 5). Pour l'air 4, j'ai un doute.

Ou alors, directement le 5ème air pour voir la tarentelle à deux puis en cercle:


Danse à deux, sur scène: notez la présence d'instruments pas vraiment traditionnels.


Jeu de jambes de deux gais lurons (los concretes boys, vous connaissiez? Ils ont un blog sur skyrock.com).
http://www.youtube.com/watch?v=b7gafbqxu0A

Démonstration du pas de l'homme
http://www.weshow.co...tella_calabrese
D'un autre calibre, deux hommes (ou couples ?) vainqueurs d'un concours.
http://www.youtube.com/watch?v=fvCxoPtdbVA

Tammuriata:
http://myspacetv.com... ... d=17702798

Les chants:

Copié du site du groupe Rosapaeda:

LU RUSCIU de lu mare (pizzica, chant traditionel en salentin)

Ieri sira passai de le padule
E ntisi le ranocchiule cantare
Comu cantanu belle a una a una
Pariane lu rusciu de lu mare.
Lu rusciu de lu mare è tantu forte
La fija de lu re se dae alla morte
Iddha se dae la morte e ieu la vita
La fija de lu re sta se marita
Iddha sta se marita e ieu me nzuru
La figlia de lu re me dae nu fiuru
Iddha me dae nu fiuru e jeu na palma
La fija de lu re se ndae alla Spagna
Iddha se ndae a la Spagna e leu in Turchia
La fija de lu re la zita mia
E vola, vola , vola palomma vola
E vola, vola, vola palomma mia
Ca ieu lu core mio te l'aggiu dato
Pecchè senza de tie nun se po' stare

KALI NIFTA (chant traditionnel en greco-salentin)

Ti en glìcea tu si nìfta, ti en 'oria
C' evo è piònno pensèonta ss'esèna,
C'ettu mpì sti' ffenèstra-su, agàpimu,
Sti kardia-mu su nìfto ti ppèna.
Evo panta se sèna pensèo
Jatì sèna, fsixì-mu 'ngapò
Ce pu pào, pu sìrno, pu stèo,
'sti kardia-mu pànta sèna vastò.
Lalallalalero........
Citta 'steràcia, pu pànu, me viègone
Ce 'so fèngo krivinni ss'emèna,
Ma èxi cini respundèone:
"Ta travùdia-su in òla xamèna".
Ma isu mai m'agapise oriamu
Essu ponise mai àzemena
Mal citt'orio alixi su enonize
Ma mu taloja agapi vlòimena
Lalallalalero........
Kalì nìfta se finno ce pào,
Plaja 'su ti vò pirta prikò,
Ce pu pào, pu sìrno, pu stèo,
Sti kkardia-mu panta sena vastò.

Ah bah, si ce n'est pas du grec ça! (Kali nifta = bonne/belle nuit)

Sources:
http://fr.wikipedia....wiki/Tarentisme < tarentulisme
http://www.torrevado... ... izzica.asp
http://www.pizzicata.it/mod-CMPro.html <<http://www.larruecad.../miscelanea.htm < tarentulisme
http://autres-rivage..._programmes.php < article sur Officina Zoé
Pour en savoir plus...
Etude de 1959 par l'ethnologue Ernesto de Martino, reprise par George Lapassade dans son essai sur la transe, publié en 1976 (pas lus!).

[EDIT] Effacé tout un paragraphe en doublon; ajouté la traduction d'un article sur la danse des épées [/EDIT]
[EDIT] Ajouté un bout de traduction d'un témoignage du XIX° [/EDIT]

#2 + Partager Tirno

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Posté 10 févr. 2008 - 23:56

On pourrait mettre ca du coté sérieux du forum, non? (ici c'est plutot pour "écoutez ce groupe, regardez ce site web, stro bien").

Super intéressant en tout cas :)

#3 + Partager Willy

Willy
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Posté 11 févr. 2008 - 10:58

Interressant effectivement.

Les références du récit de l'apotre Paul dans la bible, tu les as ? Je n'ai jamais lu ce récit, c'est peut être plutôt issu de la croyance populaire ?

Selon la Bible, alors que Saint Paul prêchait en Judée, le peuple ramassa des serpents et autres bestioles et les lui jetta pour l'empêcher de répandre la parole de Christ. Mais le Saint fit le signe de la croix et les bêtes furent écrasées.



#4 + Partager Rodrigue

Rodrigue
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Posté 11 févr. 2008 - 21:47

San Paolo di Galatina est bien Saint-Paul l'apôtre, mais le wiki italien rattache son choix, dans le processus de christianisation, à l'épisode de son naufrage sur l'île de Malte: il sort miraculeusement indemne du contact avec une vipère, ce qui finit de rallier les indigènes à sa cause (Actes 28,3-6). Depuis, les serpents maltais sont réputés maudits et inoffensifs (non venimeux). Galatina, comme Malte, s'est considérée comme immunisée contre les venins, et l'eau du sanctuaire de Saint-Paul-des-serpents était réputée guérir aussi du venin des serpents.

Je continue de chercher où j'ai bien pu lire que Paul s'est défendu contre une foule hostile en Judée, c'était de l'italien...

En tous cas, à l'occasion de cette recherche, je viens de tomber sur une autre hypothèse pour le tarantisme (le site pizzica.it est vraiment intéressant): il ne faut peut-être pas rejeter la piste arachnoïde (le venin de la tarentule étant léger) car il y aurait eu synthèse de plusieurs animaux:
- la tarentule, lycose peureuse et extrèmement mobile (l'araignée-loup bondit par surprise sur ses proies), qui peut atteindre 3 cm sans les pattes, rarement en contact avec l'homme, en raison de ses moeurs nocturnes et exclusivement terrestres, de son excellente vision, de sa rapidité, et de son tempérament;
Un torse bombé, des jambes galbées et peu velues, un instinct maternel développé, et un regard attendrissant à 8 yeux...
Voilà l'adorable tarentule

- les serpents venimeux, les chiens et singes (enragés?), les scorpions, la surinfection de ces morsures;

- et une autre araignée, la malmignatte, latrodectus à 13 points, discrète et chassant à la toile celle-là, au venin très puissant (au moins un jour de rigidité musculaire). Egalement connue comme la veuve noire de Méditerranée (14 mm).
Beurk !
Le problème, c'est qu'elle grimpe aux... herbes, comme les épis de céréales, et qu'elle peut être mortelle pour l'homme et ses bêtes de somme.
Voir l'article suivant:
http://www.zoologie.... ... 07_05.html

Message ajouté après : 1 heures 21 minutes:

Oui, Tirno, tu peux le déplacer où tu veux.

J'ai failli le poster dans le sujet Tarentelle, mais il se retrouve ici parce que je pensais qu'il s'agissait plus d'une présentation que d'une matière à débat.

[EIT] Ajouté d'autres bestioles [/EDIT]

#5 + Partager Willy

Willy
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Posté 11 févr. 2008 - 22:49

Merci beaucoup, c'est exact, l'histoire avec la vipère se passe à Malte et non pas en Judée.

Selon la Bible, alors que Saint Paul prêchait en Judée, le peuple ramassa des serpents et autres bestioles et les lui jetta pour l'empêcher de répandre la parole de Christ. Mais le Saint fit le signe de la croix et les bêtes furent écrasées.


Et Paul ne fit pas de signe de croix, comme le dit le récit : "Cependant, il a secoué la bête venimeuse dans le feu et n'a ressenti aucun mal." Actes 28 : 5.
Ce qui semble logique puisqu'il est dit au verset 9 qu'il guerissait les gens qui venaient vers lui. Donc lui le premier.

Merci pour la rectification.

#6 + Partager loic

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Posté 16 oct. 2009 - 15:00

mon dieu je n'avais encore jamais lu ce post !!! :O :O :O

superbe travail d'analyse et de synthèse, qui rejoint (et complete) ce que j'avais pu lire sur le sujet.
quant aux vidéos que tu cites, il y a pas mal de petits bijoux !!!

un grand merci rodrigue donc ! :clap:

#7 + Partager amrozy

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Posté 16 oct. 2009 - 15:25

Merci beaucoup pour cet article (car on peu le dire :)).

#8 + Partager clobzh

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Posté 16 oct. 2009 - 16:19

Merci d'avoir fait remonter ce sujet, dites, je ne l'avais jamais vu !
Quel travail, Rodrigue !
C'est en effet très intéressant d'avoir une explication/description si complète (même si ce n'est pas exhaustif, comme tu dis à juste titre).
Jusqu'à présent, j'étais restée dans le jeu et dans le mimétisme, lorsque je me lançais à danser la Pizzica. Mais je risque de m'y frotter de plus près dans un prochain bal/festival... Tout ça a attisé ma curiosité du phénomène !
Je trouve cette danse magnifique, aussi bien du côté féminin que masculin.
Cette année (et comme toutes les années), au Festival de Lorient, il y a eu un groupe italien : Canto Antico. C'était très marrant de voir quelques italiens se jeter dans une Pizzica ou dans une Tammuriata (danse napolitaine plus dépouillée et à l'origine païenne, avant d'être récupérée par l'Eglise...), au milieu de tous ces fest-nozeurs !
Pour la Tammuriata, je n'ai trouvé qu'un article sur le Wiki italien.
Un ptit lien vidéo au passage :

#9 + Partager loic

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Posté 19 oct. 2009 - 10:29

Merci d'avoir fait remonter ce sujet, dites, je ne l'avais jamais vu !
Quel travail, Rodrigue !
C'est en effet très intéressant d'avoir une explication/description si complète (même si ce n'est pas exhaustif, comme tu dis à juste titre).
Jusqu'à présent, j'étais restée dans le jeu et dans le mimétisme, lorsque je me lançais à danser la Pizzica. Mais je risque de m'y frotter de plus près dans un prochain bal/festival... Tout ça a attisé ma curiosité du phénomène !
Je trouve cette danse magnifique, aussi bien du côté féminin que masculin.
Cette année (et comme toutes les années), au Festival de Lorient, il y a eu un groupe italien : Canto Antico. C'était très marrant de voir quelques italiens se jeter dans une Pizzica ou dans une Tammuriata (danse napolitaine plus dépouillée et à l'origine païenne, avant d'être récupérée par l'Eglise...), au milieu de tous ces fest-nozeurs !
Pour la Tammuriata, je n'ai trouvé qu'un article sur le Wiki italien.
Un ptit lien vidéo au passage :


Breton, Irlandais, Limousin, Sud-Italien... cette fille a du gout ! :]

#10 + Partager Rodrigue

Rodrigue
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Posté 19 oct. 2009 - 14:59

Tu n'as pas hâte de la voir danser la pizzica ?

Je constate que des liens sont morts. Rosapaedia a maintenant une page Myspace, l'annuaire vidéo Weshow a cessé de vivre et l'extrait de documentaire donnant à voir une malade au sol, entourée de musiciens (premier lien vidéo) a été retiré pour non respect de la propriété intellectuelle. C'est dommage car il donnait envie de voir le documentaire de Mingozzi dans son entier.

#11 + Partager loic

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Posté 19 oct. 2009 - 15:32

tiens sinon j'ai acheté (à st-chartier cette année) le "fameux" cd d'officina zoë "sangue vivo" dont tu parles dans ton article : il est vraiment extra, après je ne suis pas certan qu'il s'agisse d'un cd orienté "danse" même s'il est assurément complétement ancré dans les traditions de l'italie du sud.

d'autres groupes que j'ai pu découvrir :

* Télamuré, qui sont maintenant installé en région parisienne (ça peut en interesser plus d'un... ;) ) http://telamure.musicblog.fr/1/

* I Briganti, groupe milanais (mais de "sudistes")

et quelqu'un connait-il le nom des musiciens italiens qui sont passés sur la petite scène le mardi à saint-chartie cette année ? ils étaient géniaux ! :)

#12 + Partager clobzh

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Posté 19 oct. 2009 - 15:45

;P

Pour Mingozzi, un autre lien persiste :
La vidéo dure 18mn environ est semble être postée par la boîte de prod, donc ils ne devraient a priori pas la supprimer...
Ca donne envie de voir le docu en entier, oui !
En cherchant un moyen de retrouver la vidéo dans sa totalité, je suis tombée sur ça :
http://www.festival-... ... la_taranta

Le docu avait été diffusé à Douarnenez en 2000 !
(Et quand on voit qu'il y a plein de liens de torrent dans Google pour télécharger cette vidéo, ça donne envie... Je dis ça, je dis rien. Je ne télécharge pas, mais ça me démange. Mi pizzica !)

#13 + Partager Rodrigue

Rodrigue
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Posté 20 oct. 2009 - 01:54

Oui! C'est bien le même doc, et l'extrait effacé correspondait à l'intervalle 4:40 à 7:0 (femme à terre), et donc je pensais à une véritable "mordue". La suite du documentaire est frappante: je vois d'où vient l'expression "avoir une araignée au plafond". La fête patronale était encore en 1950 une véritable séance d'exorcisme-psychiatrie collective, mais je distingue mal entre les malades et les rémis (s'il y en a à l'image).

Je crois bien que c'est l'intégralité du documentaire que tu nous proposes là (200 Mo pour 20 min).

A l'époque j'avais préféré Rosapaedia à Officina Zoé (voix envoûtante de la chanteurse) mais ces derniers semblent bien servir la danse, au moins dans leur version de la pizzicarella (dans la limite de ma perception de cette danse).

Regardez les vidéos du groupe Alla bua: c'est freak/gothic (dramatisé au goût du jour, sans me moquer) mais il y a plusieurs allusions aux rites (morsure géante (!), crise de catatonie, rapport à l'eau, à la communauté des femmes, ...


Au fait, vous relancez le sujet au moment où M.Mingozzi vient juste de mourir.

#14 + Partager loic

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Posté 30 oct. 2009 - 10:19

j'étais hier au festival "peuples et musiques du monde au cinéma" pour une soirée consacrée à l'Italie, avec notamment le flim "latrodectus - qui mord en cachette" de Jérémie Basset, excellente enquète sur les pratiques thérapeutiques liées à la pizzica dans la région des pouilles.

Ce qui en ressort entres autres, c'est que la morsure de la dite tarentulle n'est pas très venimeuse, et en aucun cas ne peut être responsable des symptomes associés au tarentisme (convulsion, délires, etc.). Par contre la veuve noire ou latrodectus est extrémement venimeuse et son venin peut affecter le système nerveux en qqs minutes. Les mouvements frenetiques de transe lors des "soins" aurait pour effet d'accélerer la métabolisation du venin.
A celà on doit rajouter une forte dimension psychosomatique et culturelle au phénomène, sinon comment expliquer les "rechutes" lors de la Saint-Paul ? (saint responsable et guérisseur du tarentisme, à qui est dédié une fête tout les ans ?).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la disparition du tarentisme.
* disparition du monde rural traditionnel donc contact moindre avec les araignées.
* également changement de mentalités et donc évolution des "conditions mentales" menant au tarentisme
* dans une bien moindre mesure, comme certain l'ont prétendu, apparition des insecticides et de l'agriculture intensive.

référence:
Ernesto De Martino La terre du remords (la terra del rimorso), Gallimard 1966 (il saggiatore 1961)

#15 + Partager Lureley

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Posté 30 oct. 2009 - 11:22

Eh mais je n'avais jamais vu ce topic non plus, qui est très intéressant! Beaucoup d'ensembles folkloriques sardes présentent une suite sur le tarentisme. Ca m'avait marqué quand j'étais petite. En tout cas, merci beaucoup pour cette synthèse, Rodrigue!


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