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Danses et musiques trad: une certaine ideologie derriere tout ça?


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47 réponses à ce sujet

#1 + Partager elisaccordeon

elisaccordeon
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Posté 29 mars 2009 - 14:50

Bonjour!

Voila, je me posais un certain nombre de questions...

Est-ce que pour vous la pratique des danses ou musiques traditionnelles est en lien avec une certaine idéologie?
Par exemple, vous avez un idéal de vie et vous vous retrouvez dans le trad.
Ou vous retrouvez dans le trad une certaine chaleur, un certain refus de l'individualisme que vous ne retrouvez pas autre part?

Est-ce que le fait de s'intéresser aux danses et musiques trad est pour vous une manière de se tourner vers ses "racines" et ainsi peut être une manière de refuser le modernisme?

Est-ce qu'en dehors du trad vous êtes investit dans des mouvements sociaux, politiques, environnementaux... et vous retrouvez d'autres personnes sensibles à ces sujets autour du trad?

Est-ce que pour vous, le trad est représentatif d'une certaine idéologie?

Et est-ce que vous pensez que le trad peut être lié à la politique?

En bref, ça serait peut être de savoir si pour vous le trad correspond à une manière d'être, de vivre, à un projet politique, un projet de vie...

Oui je sais cela fait beaucoup de questions d'un coup, ce n'est pas très clair, voir même plutôt flou, mais moi c'est un questionnement qui m'intéresse!

#2 + Partager *Laurent16

*Laurent16
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Posté 29 mars 2009 - 18:38

Tout se mélange dans le trad pour moi.

Le trad, c'est pas le passé, ni la modernité, mais les deux. C'est ce qui me relie à des racines mais dans lequel, je m'exprime à ma manière et dans lequel je sens qu'il y a plein de mouvements novateurs et surtout de possibilités de novation. Personnellement je ne cherche pas à conserver à l'identique des traditions mortes. J'aimerais qu'elles changent tout en gardant le souvenir de ce qu'elles ont été. Mon idéologie est une idéologie identitaire. Dans le trad, je me sens homme, régionaliste, sportif, artiste en expression corporelle, musicien. Quand on aime se cultiver, quoi de mieux ?

Le premier trad auquel j'ai été sensible, finalement c'était le ragga de Massilia sound system.

Les premières danses, je l'ai aie faîtes dans un milieu plutôt plon plon, il n'y a que 3-4 ans, mais c'est un milieu d'acharné et de jeunes qui m'a rendu moi-même acharné.

#3 + Partager Chamusique

Chamusique
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Posté 30 mars 2009 - 12:07

De mon côté, le côté racines de la question, c'est un peu râpé : tout ça a été bien démoli au fil des guerres du siècle précédent. Et en gros, pour simplifier, je suis "attaché" à la musique du paysage. Donc plutôt massifcentralien.

Mais bon, j'aime bien voyager en musique, donc, dès que j'ai l'occasion de croiser des gens qui jouent des choses qui me plaisent, je capte tout ce que je peux pour mon plus grand bénéfice personnel. Donc plutôt éponge, même pas tellement europocentré, vue que je me suis enfilé de grandes rasades d'Antilles et d'Afrique ces huit ou neuf dernières années.

Pour ce qui est de la politique, je vois pas trop le lien : je côtoie parfois des gens qui expriment des opinions assez différentes des miennes, la plupart du temps ça ne me pose pas trop de soucis, juste une légère irritation. Par contre, je ne supporte pas du tout le crypto-néo-colonialisme tout plein de bonne conscience qu'il est de bon ton d'afficher ces temps-ci à droite comme à gauche d'ailleurs. On tolère, on admet, on métisse à la rigueur mais, surtout on évite bien de se créoliser (Oulala, rends-toi compte de la perte d'identité culturelle !) Ben moi, je fais que ça de me créoliser, c'est peut être le petit fils d'immigré polak en moi qui réagit là, mais c'est comme ça, on se refait pas...

Il y a pas longtemps, je sais plus à propos de quoi c'était, j'avais lu (ça me reviens, c'était à propos d'un myspace dédié à un cd.) musiques traditionnelles, musiques de partages à partager avec vous, quelque chose dans ce genre, ça me va assez bien comme cadre idéologique, ça bouleverse pas l'humanité, c'est un peu minimaliste comme révolution, mais ça me conviens assez.

#4 + Partager vicha

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Posté 30 mars 2009 - 15:49

C'est vaste effectivement comme sujet....

Je suis tombé par hasard sur le trad (un stage d'impro dans un festival trad...) quand je dis trad je parle des bals avec le sourire en compotes et les pieds aux oreilles, et non des bals musettes où les vieux grabataires hypersélectifs écrasent les pieds pour que la mazurka entre dans les neurones trop fermés de la nouvelle jeunesse française. Ca j'ai testé de temps en temps et si je ne connaissais pas les festivaux comme le BaO, j'aurai arrete la danse trad et dit comme "tout le monde" que le trad c'est un truc de vieux.


Et ce qui m'a plu dans cet univers (car c'est un univers à part entière) c'est ce sens de la fête qui a été trop oublié, savoir faire la fête sans se mettre une mine, pouvoir durer jusqu'à 6h du mat' non pas grâce aux amphet' mais grâce à cette énergie qui vient d'en bas et qui transcende.
Une certaine forme de chaleur humaine en effet, comme une grande famille qui se retrouve pour partager. C'est comme dans un concert, tout le monde est là pour voir le même groupe mais pourtant chacun est dans sa propre bulle; alors que là on partage nos mains, nos sueurs, nos sourires avec les gens présents...


Il est clair aussi que le trad permet un retour aux racines mais pas dans le sens réactionnaire du terme, on conserve une partie du patrimoine en se le ré appropriant. Comme dit Laurent16, le trad grandit et évolue. C'est ce qui fait la différence entre une "vraie" tradition et un souvenir, quelque chose de figé, de mort... Ca n'est pas tourné le dos à la modernité que d'être un tradeux mais c'est se souvenir des racines et les faire bouger. On peut reconnaître ses racines sans cracher sur le présent et le futur.


Quant à la portée idéologique du trad, il me semble que certaines personnes qui se tournent vers le trad sont empreints d'une volonté de faire se souvenir d'un passé oublié (méthode d'agriculture, langage...), du moins dans les tradeux que je fréquente. D'ailleurs, un autre stéréotype du tradeux, complètement différents du premier sur les grabataires, c'est que le trad c'est un truc de babos en mal de 68, qui ont tous un lopin de terre qu'ils cultivent bio à la main et qui disent "yo, man! on fonce dans le mur, fais machine arrière, retourne à tes racines...".
C'est un peu vrai, je vois plus de militants d'Attac que de traders (ne pas confondre avec tradeux) dans les bals mais ne généralisons pas...

#5 + Partager Rodrigue

Rodrigue
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Posté 31 mars 2009 - 08:15

:lmao:
Bienvenue au bal, Vicha, je reponds a tes deux premiers paragraphes, au sujet des bals.
Ce que tu decris avec justesse, je le vis pratiquement toutes les semaines depuis dix ans.
Mais d'autres m'assurent que c'etait deja pareil il y a trente ou quarante ans. Et d'autres encore se souviennent des bals de pompiers ou de la Saint-Jean.
Par chez moi, c'est vrai qu'il y a beaucoup de vieux de plus de vingt ans dans les bals, mais il y a aussi quelques jeunes lyceens, collegiens et ecoliers pour faire descendre la moyenne d'age, surtout lorsqu'il s'agit du bal annuel d'une caisse des ecoles!
Cependant les jeunes chez nous, on les encadre, on les dresse et on leur apprend les pas de la mazurka des qu'ils sont en age de danser avec des vieux!
Bienvenue au monde (du trad).


Chamczyk, je crois que je ne suis pas trop d'accord au sujet du neo-colonialisme et de la creolisation, mais je ne sais pas si c'est le bon endroit pour en parler, si c'est important de relever les nuances et differences, et surtout si je suis certain d'etre en desaccord :)
Je ne dirai donc que deux choses: pour moi, assimilation et integration ne sont ni antinomiques, ni malsains; et la catastrophe de Saint-Pierre de la Martinique, la Perle des Antilles, nous a peut-etre prives d'un bel exemple de reelle creolisation de la culture francaise a l'echelle d'une petite nation.

#6 + Partager chroí

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Posté 31 mars 2009 - 09:57

Je propose d'ailleurs de changer le slogan de Tradzone en "Danses et musiques trads: une certaine idéologie derrière tout ça!".

#7 + Partager vicha

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Posté 03 avril 2009 - 14:58

et pourquoi pas " Le Trad: la nouvelle secte!" :P

Non!!!!!!!!!!!

#8 + Partager elisaccordeon

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Posté 19 avril 2009 - 17:03

Bonjour !

Alors Vicha, tu dis que pour toi le trad « c'est ce sens de la fête qui a été trop oublié, savoir faire la fête sans se mettre une mine, pouvoir durer jusqu'à 6h du mat' non pas grâce aux amphet' mais grâce à cette énergie qui vient d'en bas et qui transcende. » Mais est-ce que ce n’est pas la une certaine vision de faire la fete ? Donc une certaine vision de la societé que tu defend ? Un jour quelqu’un m’a di que pour lui, faire valoir une autre maniere de faire la fete etait politique (dans le sens ce qui concerne la vie de la Cité).

J‘ai lu l’ouvrage de Valérie ROUVIÈRE, LE MOUVEMENT FOLK EN France (1964-1981) (disponible sur le net, tres interessant !) et je vous livre quelques extraits…
Ma question est de savoir si à la lecture de ces temoignages et affirmation sur le folk des années 1964 à 1981, vous vous reconnaissez, vous trouvez qu’il y a encore des choses valables, où si de nos jours le mouvement folk n’a plus du tout la meme ideologie…

« Au même titre que l’underground de Lou Reed ou le psychédélisme des Greatfull Dead, le folk est un des nombreux visages de la contre-culture des années 70. Au-delà de l’aspect purement musical, c’est un mode de vie et une façon de penser différents qu’expérimente la jeunesse
rebelle d’alors
. Trouver des alternatives à la société de consommation dans laquelle s’installe l’Occident, échapper au système capitaliste dont les Etats-Unis sont le chef de file… Les chemins divergent, mais le combat est identique".

"Être folkeux, chanter dans sa langue, reprendre des airs de son pays, c’est d’abord lutter pour la survie des cultures régionales, aller à l’encontre de l’uniformisation planétaire. C’est ensuite essayer de créer une société plus conviviale où chacun aurait sa place, où la musique ferait partie du quotidien et ne serait pas un produit industriel. Le modèle ? Le village d’avant la révolution industrielle, avec ses fêtes et ses veillées au coin du feu, le chant de moissons... C’est de véritable retour aux sources dont il est question. Les folkeux ont soif d’authenticité. Dans les régions (Bretagne, Alsace, Occitanie qui englobe plusieurs « pays » de l’Auvergne à la Provence…), pratiquer le folk signifie également affirmer son identité…
Une identité longtemps bafouée par des siècles de centralisation de l’Etat français, et qui resurgit dans les années 1970 : les minorités de l’Hexagone se réveillent et prennent la parole."

"En 1972, le folksinger Pete Seeger de passage à Paris, scande : « Halte à la coca-colonisation du monde ! ». L’idée qu’il véhicule est la suivante : la diversité culturelle est aussi importante à la survie de l’Homme que la variété des espèces biologiques sur Terre. La crainte de voir apparaître un individu standardisé, calqué sur le modèle américain, un « homme–éprouvette », comme l’appelle Alan Stivell, effraye. C’est la raison première de l’existence du folk, qui, en exhumant les airs traditionnels de toutes les régions françaises, estime lutter pour la diversité culturelle."

"En Mai 68, les jeunes s’insurgent contre cet état de fait, dans un élan existentiel, libertaire, antiautoritaire, bousculant les vieilles armatures d’un pays figé dans ses valeurs, ses rites, ses codes. Dans les années 70, ils s’engagent dans la voie frayée par les événements de Mai, celle de la libéralisation des moeurs : grandes fêtes collectives, droit au bonheur et à l’épanouissement personnel, tels sont les credos d’une génération mutante. Le mouvement folk se développe dans ce contexte, prônant les grandes fêtes libératrices, revendiquant le droit pour chacun d’apprendre à jouer d’un instrument en autodidacte sans se soucier des conventions académiques, ou d’arranger à sa guise les musiques traditionnelles."

nsuite, Valerie rouviere consacre une partie intitullée "changer la vie".

"Si le folk prend différents visages — acoustique ou électrique, français, breton ou occitan — ces tendances partagent néanmoins un ensemble de valeurs, un désir de changer la vie en recourant aux musiques traditionnelles, en se référant à la société préindustrielle, à une époque où le mot « consommation » n’avait pas de sens et où l’on pratiquait encore la veillée au coin du feu. Le folk, une réponse au désarroi de l’homme moderne ? C’est en tout cas ce que pensent les folkeux : la musique traditionnelle dont l’origine remonte au peuple, doit retrouver sa place au coeur de la société, permettre de briser l’isolement et de dépasser l’individualisme."

Selon elle, le collectage permet de s’approprier la musique traditionnelle, et le choix des chansons est un engagement.

"Les folkeux sont unanimes : la musique traditionnelle doit retrouver son caractère populaire.
Autrefois élaborée par les paysans et non par une minorité de spécialistes, elle était partagée par l’ensemble de la société, rythmait les différents événements de la vie communautaire et trouvait sa place dans le quotidien. La musique était donc faite « par le peuple, pour le peuple » […]Rétablir le lien originel qui unit le peuple à la musique est la mission première du folk. En fait pour ce mouvement ancré à (l’extrême) gauche, la culture doit être populaire et permettre au peuple de s’exprimer."

"Une pratique instrumente à la portée de tous.
Le folk, c’est l’anti-conservatoire. Apprendre à jouer d’un instrument instinctivement procure un immense plaisir. Et puis, les musiciens traditionnels allaient-ils au conservatoire ? Certainement pas ! C’est pourquoi leur répertoire est d’une infinie richesse. Liberté de jeu,
improvisation, innovation, spontanéité… D’après les folkeux, les avantages que procure la pratique instrumentale autodidacte sont nombreux. Dans ces conditions, n’importe qui peut s’essayer au violon, à la guitare ou à tout autre instrument de son choix. Et c’est bien là le
souhait des folkeux : que la musique redevienne populaire, que tout individu motivé puisse apprendre à jouer d’un instrument en dépit de son appartenance sociale (à l’époque, les cours étaient onéreux)… et de son caractère (le système rigide du conservatoire peut être dissuasif) ! Démocratiser la pratique instrumentale, tel est l’enjeu du folk."

"Au-delà du simple désir de vivre la musique, il y a dans le folk un désir sous-jacent de « changer la vie », d’apporter une solution concrète aux problèmes que pose la société. Cette volonté n’est pas l’apanage du folk.
Ainsi, le mouvement folk est bien ancré dans son époque, lui qui se réfugie dans le fait culturel pour « vivre mieux, changer la vie » (slogan de l’Union de la gauche en 1972). Instaurer de nouveaux rapports sociaux, réinventer la ville pour en faire un espace d’animation ouvert, telles sont les idées qu’il véhicule dans ses projets de société. Organiser des festivals, fêtes de village, stages et veillées dans les MJC, profiter de son statut de musicien pour aborder les gens, égayer leur quotidien, les inciter à la création… C’est en artisans d’une vie meilleure que les folkeux investissent la ville et la campagne."

"Pour que les musiques traditionnelles redeviennent populaires, il faut dans un premier temps les faire connaître du grand public. C’est par le biais des festivals qu’elles vont être diffusées et que pourra se propager « l’esprit folk ». Premier point : le prix d’entrée de ces rassemblements doit être faible. Second point : il faut créer une ambiance conviviale, propice à l’échange, inciter à la pratique du folk en organisant des ateliers d’initiation aux instruments, à la danse traditionnelle ou à la lutherie, permettre à n’importe qui de s’exprimer par le hootenanny, et bien sûr programmer des concerts pour faire danser les gens.
Par ailleurs, les festivals offrent à la communauté folk l’occasion de se rassembler pour faire la fête, bien sûr, mais aussi afin de partager son expérience, découvrir de nouvelles chansons et techniques de jeu, des instruments inconnus, etc… Ces rassemblements sont de première importance dans la genèse du mouvement."

Voila, ce ne sont que de petits extraits (le document est assez long, mais ca vaut le coup!) mis un peu à la suite sans lien...

Qu'en pensez vous?
Est-ce que ca vous parle toujours? Parce que l'auteur parle de la mort du folk...Et moi j'ai l'impression de retrouver certain de ces points de nos jours.

#9 + Partager Willy

Willy
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Posté 20 avril 2009 - 13:03

Bonjour !


"Être folkeux, chanter dans sa langue, reprendre des airs de son pays, c’est d’abord lutter pour la survie des cultures régionales, aller à l’encontre de l’uniformisation planétaire. C’est ensuite essayer de créer une société plus conviviale où chacun aurait sa place, où la musique ferait partie du quotidien et ne serait pas un produit industriel.

"En 1972, le folksinger Pete Seeger de passage à Paris, scande : « Halte à la coca-colonisation du monde ! ». L’idée qu’il véhicule est la suivante : la diversité culturelle est aussi importante à la survie de l’Homme que la variété des espèces biologiques sur Terre. La crainte de voir apparaître un individu standardisé, calqué sur le modèle américain, un « homme–éprouvette », comme l’appelle Alan Stivell, effraye. C’est la raison première de l’existence du folk, qui, en exhumant les airs traditionnels de toutes les régions françaises, estime lutter pour la diversité culturelle."


Ce sont en partie, les idées qui correspondent à ma pratique des musiques et danses trad.

#10 + Partager Elfi

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Posté 20 avril 2009 - 13:29

lutter pour la survie des cultures régionales, pour aller à l’encontre de l’uniformisation planétaire.


Si mes souvenir sont bons, ce sont aussi des arguments d'extrême droite notamment chez les Villieristes
Les musiques traditionnelles sont largement récupérées à droites au moins dans l'Ouest (cf affaire La blanche hermine de Servat reprise par les Scouts d'Europe, ce qui a donné lieu à une nouvelles chanson et à un mouvement Touche pas à ma blanche hermine en retour... d'ailleurs oukilé mon badge)

il y a des mots dont je me méfie : comme identité ou tradition
On peut leur faire dire ce qu'on veut ou presque

#11 + Partager oliv'

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Posté 20 avril 2009 - 13:30

super doc en effet : http://www.famdt.com/modal-projets.php
(en bas à droite dans docs à télécharger)

#12 + Partager Willy

Willy
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Posté 21 avril 2009 - 10:32


lutter pour la survie des cultures régionales, pour aller à l’encontre de l’uniformisation planétaire.


Si mes souvenir sont bons, ce sont aussi des arguments d'extrême droite notamment ches les Villieristes
Les musiques traditionnelles sont largement récupérées à droites au moins dans l'Ouest (cf affaire La blanche hermine de Servat reprise par les Scouts d'Europe, ce qui a donné lieu à une nouvelles chanson et à un mouvement Touche pas à ma blanche hermine en retour... d'ailleurs oukilé mon badge)

il y a des mots dont je me méfie : comme identité ou tradition
On peut leur faire dire ce qu'on veut ou presque



Il vaut mieux, donc, se méfier de ce que l'on veut faire dire aux mots, pas des mots eux même.

Ne peut on pas utiliser les mots pour ce qu'ils sont, de peur de passer pour ceci ou cela. On ne peut pas parler d'identité sans passer pour un nationaliste. On peut plus utiliser le mot arabe sous peine de passer pour raciste. Alors, quand au mot "tradition", si on peut plus l'utiliser même dans le milieu "trad" (d'ou l'abréviation certainement ?), qu'est ce qu'on va faire ?

#13 + Partager Elfi

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Posté 21 avril 2009 - 11:18

simplement je ne pense pas qu'il y ait une seule idéologie derrière le trad, mais plusieurs mouvements, idéologies qui peuvent être très opposées.

A mon avis un jeune villieriste se sentira autant dans son rôle légitime et aussi à l'aise dans sa défense de l'identité et du trad qu'un jeune alternatif de gauche.

Par ailleurs je ne pense que le trad soit une musique populaire. dans les années 70 le folk l'était sans doute. Pour moi aujourd'hui le trad mis à part dans des ilots isolés, c'est une musique plutôt marginale ou alors on en passerait sur Skyrock et sur TF1

En plus il y a beaucoup de gens qui viennent en bal et qui n'ont aucune vision politique du truc. Est ce que les gens qui dansent la salsa sont forcément des militants pro-cuba ?

Voila mon avis. Ce n'est pas du tout un jugement de valeur sur ce que pensent les uns ou les autres. Chacun a dans le trad son ressenti personnel.
Personnellement je ne crois pas forcément ce qui écrit par des experts et je n'aime pas les opinions monolithiques et sans nuance.
mais je suis une bourrique, hein, et ça fait partie de mon charme... ;D

#14 + Partager Willy

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Posté 21 avril 2009 - 16:33

simplement je ne pense pas qu'il y ait une seule idéologie derrière le trad, mais plusieurs mouvements, idéologies qui peuvent être très opposées.


En plus il y a beaucoup de gens qui viennent en bal et qui n'ont aucune vision politique du truc. Est ce que les gens qui dansent la salsa sont forcément des militants pro-cuba ?

Personnellement je ne crois pas forcément ce qui écrit par des experts et je n'aime pas les opinions monolithiques et sans nuance.
mais je suis une bourrique, hein, et ça fait partie de mon charme... ;D


Je suis bien d'accord avec toi. Je vois des gens de tout horizons dans le trad, et je ne pense pas que la pratique du trad soit liée à de la politique. En tout cas, ce n'est surtout pas mon cas car je suis apolitique.

En ce qui concerne mon choix plus haut (dont les paroles de Pete Seeger), elles n'ont rien à voir non plus avec la politique, c'est juste des préférences personnelles que je trouvais bien exprimées en l'occurence.

#15 + Partager peya

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Posté 21 avril 2009 - 16:47

Exposer ces idées, entendre (lire) celles des autres, faire le point et le contre-point, c'est bien faire de la politique non?

Dans nos actes de loisirs, comme de faire du trad/folk, il y a un choix, une volonté ou une attirance et c'est à ce niveau que l'idéologie est reliée.
Si toutefois faire du folk/trad est plus que du loisir (raison d'être ou essence...) c'est donc encore plus encore un acte idéologique même s'il ne s'étale pas au grand jour : Je milite peu mais participe à la vie en toute conscience!


#16 + Partager diatoto

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Posté 21 avril 2009 - 16:53

"idéologie", c'est vraiment un mot que je n'aime pas....z'auriez pas autre chose?....

#17 + Partager Neiykä

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Posté 21 avril 2009 - 17:43

Salut à tous

Mmmmhh.. Les avis ont l'air partagés.. Moi je trouve que le trad réuni des gens plutôt proches les uns des autres dans leurs idéologies (désolé diatoto, propose un autre mot si tu veux ^^ ) et dans leur façon de vivre.

On est tous différents et certains peut-être plus différents que les autres mais il me semble que dans ce que nous appelons le trad (et qui est plutôt du néotrad me semble t'il? Reprenez-moi si je m'égare), on aime plus ou moins tous la chaleur humaine, les calîns, faire la fête sans, en effet, se mettre forcément à l'envers, sourire, danser, chanter, faire de la musique.. Et pour ce qui est des idées politiques, il me semble que le nombre de sarkosiste est plutôt réduit..

Je trouve aussi que le trad réuni des personnes qui en effet ont plutôt tendance à vivre plus proche de la nature, à refuser des idées politiques trop capitalistes et trop individualistes, à essayer de préserver la Terre et les hommes de la pollution, des ogm et de tout ce qui dénature et détruit la planète. Bref, à utiliser des méthodes alternatives. Ou alors c'est parce que je passe trop de temps en Ariège..^^

En ce qui me concerne,
- Je réponds oui à la première question d'elisaccordeon, je suis un tradeux parce que j'y retouve une certaine chaleur et parce que je refuse l'individualisme.
- Je réponds oui à la 2nd, si refuser le modernisme et retourner à ses "racines" c'est préserver la Terre de part sa façon d'agir et de vivre.
- Ce qui rejoin la 3eme question à laquelle je réponds OUI encore une fois :P Je m'engage dans des actions humanitaires, politiques et environnementales..
- Est-ce que le trad est représentatif d'une idéologie et peut-il être lié à la politique? Dans un certain sens, oui pour mon cas, puisque si aujourd'hui je mange Bio et que je déscends dans la rue pour gueuler contre le gouvernement, c'est un peu suite à ma découverte du trad et des tradeux.

Pour certaines personnes le trad est un choix de loisirs, comme certains iraient en boîte le week-end, d'autres iraient en bal? Ils ont leur vie et le trad c'est quelque chose en plus à côté. Danser et faire de la musique, rien de plus.
Pour moi c'est bien plus que ça. En effet, être tradeux c'est une manière de vivre et une façon de voir les choses..

Merci d'avoir poser c'est questions en tout cas, et à bientôt au prochain festoch' ;)



P.S.: elisaccordeon? Etais-tu à Auvillar en janvier ou février pour Boréale?

#18 + Partager elisaccordeon

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Posté 21 avril 2009 - 20:15

"idéologie", c'est vraiment un mot que je n'aime pas....z'auriez pas autre chose?....


Philosophie? Valeurs partagées? Une autre proposition?

Quand je parle de politique, c'est pas au sens de partit politique, d'étiquette, mais plutôt au sens "du politique", ce qui touche à la "cité", au sens qu'on voudrait donner à la société...

J'ai trouvé une définition de Marcel Gauchet qui distingue la et le politique, pour nuancer:

" La politique est une chose récente. Elle désigne les activités qui tournent autour du pouvoir par représentation qui est le pouvoir légitime dans nos sociétés : le pouvoir vient de l'élection par les citoyens.[...] Dans ce schéma, les libertés individuelles produisent un pouvoir qui les représente tout en étant lui-même limité par ces libertés premières. [...]
Le politique, c'est tout autre chose. C'est ce qui permet à la société de tenir ensemble. Il existe depuis toujours. La fonction du politique est de produire l'existence des sociétés humaines, car, à la différence des sociétés animales, elles n'ont pas d'existence naturelle. Les termites ou les castors ne délibèrent pas, que je sache, de leur organisation collective. Le propre des sociétés humaines est de s'autoproduire au travers du politique. Le politique assure aux sociétés une prise sur elles-mêmes".

Disponible sur:
http://www.philomag.... ... le,256.php

Neiykä, d'abord non je n'etait pas à Auvillard, par contre j'ai vu Boreale à Boulegan, à St-jean-du-gard!

Ensuite, je suis assez d'accord avec ta façon de penser, et après observation c'est le constat que j'avais fait.
"En effet, être tradeux c'est une manière de vivre et une façon de voir les choses.. " Ben pour moi, c'est la même chose.

En tout cas merci de vos réponses, ça donne d'autres points de vue, je ne pensait pas que les avis seraient aussi divergeant!
Comme quoi des fois on se fait des idées...

#19 + Partager Rodrigue

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Posté 21 avril 2009 - 21:36

Pensez ce que vous voulez mais n'amenez pas les forces de l'ordre dans les bals et les festivals: ça m'évitera de passer 48H en garde à vue pour avoir défendu un jeune se faisant matraquer et piétiner à terre sous mes yeux (et d'être inculpé pour bris de téléphone portable en plus).

En tant que "folkeux", j'éprouve une réelle sym-pathie pour les autres noceurs ou festivaliers, mais ça ne va pas plus loin.
La seule idéologie que je me verrais supporter serait d'amener le plus de gens possible vers le bal: faire connaître, convertir. Le terme idéologie me paraitrait bien utilisé dans ce sens: il y a des idées, des moyens mis en oeuvre pour atteindre en partie un but, une volonté de modifier le comportement des gens, ...

Et j'adore le tartare de cheval, désolé.

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elisaccordeon
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Posté 21 avril 2009 - 23:10

il y a des idées, des moyens mis en œuvre pour atteindre en partie un but, une volonté de modifier le comportement des gens, ....


Quels buts? Modifier quoi dans le comportement des gens?

(désolé j'insiste un peu mais le sujet m'intéresse!)


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