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17 réponses à ce sujet

#1 + Partager erwanburban

erwanburban
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Posté 31 mai 2010 - 22:09

J'ai écrit cette année une série d'articles dans la revue Musique Bretonne, à propos du style en musique trad et plus précisément des "ressources" propres à cette musique.
Finalement, au-delà des "notes en tant que hauteurs préformatées et reconnaissables" (do-ré-mi, etc) et des figures rythmiques étrangement simples (noires, croches, triolets, etc), qu'est-ce qu'il peut y avoir à entendre ?

Bon, le mieux, s'il y en a que ça intéresse, c'est de jeter un oeil sur le 2e article, paru en janvier dernier (le 1er, c'était une introduction), je mets le lien ci-dessous.

http://www.fest-noz-...yle - part2.pdf

... des remarques, infos, contradictions, corrections, compléments,... ?

#2 + Partager Ludoman

Ludoman
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Posté 01 juin 2010 - 09:21

Toujours intéressant tes contributions Erwan!

J'adore l'idée de gammes de longueurs de notes, idée que d'ailleurs j'utilise pour expliquer un petit peu le phrasé, la cadence à des musiciens qui s'initient à la musique bretonne.

Ca manque de liens audio pour illustrer tout ça... non?

#3 + Partager Tirno

Tirno
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Posté 01 juin 2010 - 09:52

Salut Erwan

Par une coincidence intéressante, je menais exactement cette réflexion dans ma petite tête toute la semaine dernière. J'en ai profité pour relire ton premier article, qu'on a d'ailleurs discuté ici:
http://www.tradzone....opic.php?t=7635

Ce que tu dis est d'une évidence affligeante - non pas dans le sens que c'est inutile, mais que c'est très triste qu'il faille le dire, que certains te liront et trouveront ces idées complètement nouvelles.

Bravo d'avoir fait ce pas pour oser nous dire que l'empereur est tout nu! Comme tu le dis si bien, si ces procédés étaient mieux connus et maitrisés, on passerait peut etre pas autant de temps à faire de l'harmonisation.

Quelques réflexions en vrac sur l'article:

- Quelle spécificité à la musique bretonne? Je pense que cette réflexion s'applique à toute la musique trad d'europe occidentale (mais aussi à la musique trad en général et même à la "Musique")

- Il y a une sorte de "danse" présente à chaque morceau - qui fait que ce soit une bourrée, un reel, une gavotte, etc. Il me semble que le terme approprié soit la "cadence", qui nous désigne cette danse, sans qu'elle ait besoin d'etre présente (c'est à dire qu'on peut vouloir rechercher la cadence pour le plaisir de la trouver, sans se justifier par une "dansabilité").

- Est-ce qu'il y a des motifs binaire-ternaire et long-court intrinsèques à certaines cadences? Genre un hornpipe c'est plutot ternaire, un reel plutot binaire. Un fisel c'est plutot "court", une gavotte c'est plutot "long". Ca n'empeche pas une variation là autour, mais il me semble qu'il y a des fois une sorte de "gravitation" vers certains points de l'axe.

- Comment est-ce que les différentes cadences se différencient dans leurs permissions vis-à-vis des motifs binaire-ternaire et long-court? (c'est à dire, une fois le "centre de gravité" posé, quelle facilité de s'en éloigner?)

Genre une jig, on peut poser plus ou moins la "sicilienne" du truc, mais il me semble qu'on la conserve pendant toute l'interprétation du morceau, quasi sans variation, par contre, le long-court va etre important, pareil d'ailleurs pour une bourrée auvergnate (ou là, on a meme pas vraiment le choix dans le binaire-ternaire). Une gavotte par contre, c'est une merveille dans le binaire-ternaire, mais je me demande si certaines impulsions ne se pretent pas plus que d'autres à la variation binaire-ternaire.

- Quels sont les moyens de mise en oeuvre de ces variations - particulièrement dans le cadre des instruments à son continu qui, au premier abord ne permettent pas de travail sur l'échelle long-court (sauf les cornemuses ou on peut fermer le hautbois). Je pense que l'ornementation et/ou l'articulation ont leurs roles à jouer

- Tu n'as pas non plus parlé de l'impulsion elle même, de son décalage sur les "temps", de son anticipation et de son retard

- Quelle mise en oeuvre d'ailleurs pour cette impulsion: dynamique? ornementation? articulation? précédence/suite par une variation court/long?

Et là ca va dériver vers mes prédictions pour ce dont tu parleras par la suite et autre réflexions en vrac:

- tempérament (à nouveau on va trouver des centres de gravité et des degrés de variabilité)

- paroles et posage sur la mélodie/rythme (aaaah, un bon plinn)

- ornementation/articulation

- timbre

- phrasé et anacrouses

- instanciations de l'objet mélodique sous-jaceant (auquel tu touche dans le premier article), qui donnent l'impressions d'etre des variations mélodiques mais qui sont peutetre plutot à considérer comme mises en oeuvre équivalentes d'une trame inexprimable, par exemple en reel:
X:1
M:4/4
L:1/8
K:D
DG ~G2 BG ~G2 | DG G/{B}G/{F}G BG {B}G{E}G | DG G/F/G BGAG |"etc"G

Ou encore sous forme de bourrée
X:1
M:3/4
L:1/8
K:Ddor
ab a2 g2 | f2 ef g2 | a3 b ag | f2 ef g2 |
ab ag ag | f2 ef g2 | a3 g3 | f2 ef g2 |"etc"z

D'ailleurs est-ce dans ces formes de mises en oeuvre on peut dissocier entre la variation mélodique et la variation rythmique?

- plus généralement peut-on dissocier ces différents composants ou sont ils tous forcément liés (càd qu'une variation dans l'un va entrainer une variation dans l'autre)

- est-ce qu'il y a des composants qui sont "inutiles" par rapport à la cadence, ou est-ce que tout contribue à la cadence (je soupçonne que rien n'est "gratuit" et que tous ces procédés sont des façons de suggérer une énergie au corps et à l'oreille qui danse, et donc que la variation mélodique n'est qu'un procédé qui permet de mettre en évidence une autre forme de rythme)

Vachtement intéressant tout ça en tout cas!

Message ajouté après : 21 minutes:

Tiens j'oubliais... Pour voir ces choses illustrées en musique sur la bourrée, écouter en particulier Violons de l'Artense de JM Delaunay. C'est fabuleux comme il use des longs-courts pour donner une impression que y'a des notes qui rebondissent contre celles d'avant.

Et évidemment, l'éternel rapport à l'écriture:
- écriture obligatoire: hauteurs, longeurs "carrées"
- écriture très fastidieuse: tout le reste (tempérament, articulation, "variations mélodiques", binaire-ternaire en tant qu'échelle, long-court en tant qu'échelle, etc.)
- ce qui n'est pas écrit est à charge de l'interprète

Est-ce que c'est parce que nous avons cette perception là de la musique que nous avons cette écriture ou parce que nous avons cette écriture que nous avons cette perception de la musique?

(la musique écrite peut nous induire en erreur de penser qu'il y a une forme "basique" du morceau, qu'on peut plus ou moins décorer et qui est décrite par la partition - elle nous fait aussi penser que tout ce qui n'est pas écrit est à la liberté de l'interprète alors qu'il y a mille façons de "mal interpréter" une cadence)

#4 + Partager wedell

wedell
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Posté 01 juin 2010 - 13:32

Bon, en fait, ce que vous cherchez tous les deux, c'est ce qui dans la musique traditionnelle (bretonne ou non, peu importe) peut si bien faire bouger le cul des filles (et des gars, faut pas être sectaire) avec si peu de moyens?
Voilà peut-être deux pistes:
-Parce que c'est une musique organique qui se fout bien de découpages rythmiques en parts égales.
Parce que la musique, c'est ce qui il y a entre les notes. Mais ça, c'est valable pour toutes les musiques.

#5 + Partager Tirno

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Posté 01 juin 2010 - 13:40

Non, je pense qu'on serait plutôt d'accord a dire qu'il y a énormément de moyens engagés pour construire une musique intéressante. (Tout comme il y a énormément de moyens engagés lorsqu'on marche, qu'on danse ou qu'on attrape un ballon - ca veut pas dire que c'est compliqué à faire, mais qu'il ne faut pas sous-estimer la complexité de la chose).

Le découpage rythmique en part égales est présent - mais il est complété par d'autres choses.

Entièrement d'accord avec la dernière phrase :)

#6 + Partager erwanburban

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Posté 01 juin 2010 - 21:20

-> Ludo :
... Par rapport aux longueurs de notes, je te rejoins tout à fait, je pense de plus en plus que c'est peut-être ce qu'il y a de plus important à sauvegarder. Le reste est peut-être plus facile à saisir pour ceux-celles qui découvrent ces musiques.
... En effet, c'est clair, ça manque cruellement de sons, tout ça ! C'est du au format, vu qu'initialement je l'ai fait pour une revue papier. Question de temps disponible également : j'ai surtout bossé sur ces textes dans le TER, c'était difficile de bosser sur du son. Normalement, ça devrait venir. C'est aussi l'objet de cette diffusion des articles : qu'on partage des exemples, contre-exemples, cas limites qu'on a les uns et les autres, sur nos ordis, CD, cassettes...

-> Tirno :
(... Ou la la, je sens que je vais encore faire un post affreusement long... !)
...

c'est très triste qu'il faille le dire, que certains te liront et trouveront ces idées complètement nouvelles.

Oui, depuis le temps qu'il y a des gens passionnés et curieux qui s'intéressent à tout ça, c'est incroyable qu'on en soit encore là.
Ceci dit, quels domaines professionnels sont référents pour faire un peu d'analyse, de recherche ? La musicologie (qui commence à peine à se détacher de l'Histoire, de laquelle elle n'était qu'une sous-discipline) et l'ethnomusicologie (qui ne s'intéresse que marginalement à la musique elle-même, pour laquelle, traditionnellement, seul le contexte est digne d'intérêt). ... On est pas aidés, comme on dit !!!
...

cette réflexion s'applique à toute la musique trad d'europe occidentale

Je le pense aussi, mais ce n'est pas étayé, je ne connais pas bien les autres musiques trads, donc je ne me suis pas mouillé !
...

Est-ce qu'il y a des motifs binaire-ternaire et long-court intrinsèques à certaines cadences? Ca n'empeche pas une variation là autour, mais il me semble qu'il y a des fois une sorte de "gravitation" vers certains points de l'axe. Comment est-ce que les différentes cadences se différencient dans leurs permissions vis-à-vis des motifs binaire-ternaire et long-court? (c'est à dire, une fois le "centre de gravité" posé, quelle facilité de s'en éloigner?)

Je suis persuadé que c'est tout à fait ça ! C'est ce qui fait le style de la danse (ce que tu appelles toi sa "cadence"). Bien vu pour la gavotte ! Pour le long-court, je trouve que le meilleurs exemple c'est la ridée (qui du coup a une autre gueule que si elle est appréhendée en tant que "laridé rapide à 6 temps" ! Surtout sachant qu'elle ne l'est pas tant que ça, ni si rapide et encore moins à 6 temps...). Exploration à poursuivre, à pousser plus loin, plus finement...
... L'ornementation pour jouer sur court-long ? Bien vu, c'est exactement ce à quoi j'arrive comme conclusion de l'article 4 ! Tu as piraté l'accès à mon ordi ??!! C'est probablement pire que ça : comme tu le dis au début de ton post, tout ça est en fait assez basique pour peu qu'on ait un peu "dressé" ses oreilles, qu'on ait eu la chance de faire certaines rencontres musicales...
...

l'impulsion elle même, de son décalage sur les "temps", de son anticipation et de son retard

Là dessus, je n'ai pas trop de billes pour l'instant... Tu lances un sujet là dessus un de ces jours ?
...

instanciations de l'objet mélodique sous-jaceant

Waou, c'est ça le mot ?! Pas mal... En fait, j'ai failli te demander ce que ça voulait dire, mais j'ai relu ce que tu en dis et l'expression elle-même. ... et j'ai donc compris, mais... je pose une hypothèse alternative, voire même contradictoire à celle de "l'instanciation de l'objet mélodique sous-jacent", c'est l'hypothèse de l'improvisation non-mélodique.
... sur la question des variations mélodiques, j'en pense toujours la même chose : elles n'existent qu'en tant que conséquences d'autres "variations" (mff...), elles ne peuvent être que fortuites. Dès qu'elles sont volontaires, qu'elles existent pour elles-même, elles fragilisent le discours musical.
... les composants inutiles, il y en a, je pense aussi, oui : le fait de "geler" certains paramètres, c'est en effet ce qui me semble permettre d'obtenir un caractère, un style, propre à une danse, à une zone géographique, à un interprète en particulier.
... "Violons de l'Artense de JM Delaunay" --> Du son, du son !

Merci pour toutes ces remarques, et j'attends avec impatience le lancement d'une discussion sur le calage sur le temps, avant, après : bon courage pour formuler le premier post là dessus !!

Message ajouté après : 2 minutes:

Wedell

en fait, ce que vous cherchez tous les deux, c'est ce qui dans la musique traditionnelle (bretonne ou non, peu importe) peut si bien faire bouger le cul des filles (et des gars)

:D
Bien vu !!! Au premier, comme au deuxième degré, sur un plan artistique comme le plan libidinal, c'est tout à fait ça !

Sinon, "musique organique", j'aime bien aussi, ça rappelle la organic food des anglais...

#7 + Partager Hervé Dréan

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Posté 02 juin 2010 - 16:31

Je viens de lire le texte d'Erwan sur Musique Bretonne et ça me rappelle toutes les pages sur l'inégalité qu'on trouve dans les traités de musique baroque. Le père Engramelle (oui c'est son nom !) dans la Tonotechnie de 1775 passe quelques centaines de pages à expliquer comment noter la musique (et les inégalités...) sur des cylindres de cire. C'est la même chose !
Petite remarque qui va dans le sens Tirno et les jigs : il indique qu'il ne faut pas jouer de croches inégales sur les jigs.

#8 + Partager diatoto

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Posté 05 juin 2010 - 14:54

Je n'osais pas le dire de peur de dire une connerie en pensant que quelque chose m'avait échappé mais c'est vrai que je ne vois pas en quoi les "ressources rythmiques" qui font l'objet de ce très intéressant article au demeurant, seraient une marque identitaire propre aux musiques traditionnelles....

#9 + Partager Tirno

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Posté 05 juin 2010 - 16:05

Tout à fait d'accord. Par contre, au risque de dire une connerie à mon tout, j'ai l'impression que beaucoup de musiques et de musiciens négligent cet aspect et ce que ca pourrait apporter à leur musique en tant qu'élément de variation.

A la limite, ce qui est particulier à la musique à danser (que la danse soit présente ou non), c'est que celui qui veut poser une certaine cadence *doit* user "correctement" de ses ressources rythmiques.

#10 + Partager erwanburban

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Posté 10 juin 2010 - 20:31

* Concernant le placement plus ou moins égal (question bien souvent expédiée à coup de jouer binaire / jouer ternaire), tout à fait d'accord : en baroque, en jazz, c'est tout aussi central.
Ceci dit, j'ai le souvenir d'un jeune musicien de jazz devenu depuis prof dans une grande Institution parisienne, qui est venu me dire, alors qu'on était dans des chambres adjacentes d'un hôtel et que je jouottais un petit plinn des familles, à quel point le jeu particulier du placement rythmique de ce plinn lui paraissait fin et intéressant. ... et dieu sait qu'il y a des tonnes de musiciens qui jouent le plinn mieux que moi !
-> Ce qui me fait dire que, s'il ne s'agit pas d'une particularité du trad, ce jeu avec le placement plus ou moins égal devrait être écouté avec plus d'attention, travaillé avec plus d'énergie : c'est un domaine dans lequel le trad a des choses à dire, à apporter aux autres musiques.

(sur l'harmonie, les constructions mélodiques,... par contre, on peut toujours essayer de jouer sur ces terrains, mais on part de loin...)

* Concernant l'utilisation fine du critère de longueur de chaque note, par contre, il me semble qu'il s'agit d'un point aveugle dans bien des musique... Pour être honnête, j'ai surtout entendu ce critère de longueur dans des interprétations de "ridée" (danse du pays de Redon), je n'ai pas encore tendu mes oreilles très précisément en direction d'autres musiques, sur ce point, qui, instinctivement, me semble essentiel en musique trad en général. Juste une intuition...

->J'ai rencontré Jean-François Vrod le week-end dernier, le lendemain d'un concert magnifique (et en acoustique en plus !!) de la soustraction des fleurs (http://www.jf-vrod.c..._VROD_scene.htm), c'était bien intéressant, notamment par rapport à la question de Tirno sur la validité de mes analyses en-dehors de la péninsule armoricaine. Oups, apparemment mon approche est un peu décalée par rapport aux musiques d'auvergne, cantal, etc... dans lesquelles l'écrit et la musique fixée (disques utilisés et diffusés très tôt) ont joué un rôle central dès le début du 20e siècle.

-> Et là, quelques jours plus tard, discussion avec Marc Clerivet (http://www.marcclerivet.com/fr/), le chanteur danseur spécialiste du pays de Rennes, grand défenseur des quadrilles (Avant-deux forever !), qui me donne des exemples de musiciens traditionnels haut-bretons, qui semblent tout à fait dans le même genre de rapport à l'écrit et à la "musique de partitions" en général.

ARGH ! :eek:

Je pense donc, pour l'instant, que la plupart de mon travail d'analyse de cette année (les 5 articles dans Musique Bretonne) concerne surtout les musiques de fond ancien (danses en rond)... A préciser et confirmer par plus d'analyses appliquées... et par d'autres conversations par ci par là...

#11 + Partager Tirno

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Posté 11 juin 2010 - 00:51

Je serais particulièrement méfiant lorsque des musiciens "trad" prétendent jouer ce qui est écrit sur une partition.

Par ailleurs, lorsqu'on s'attache trop à la musique écrite, on retrouve, par exemple, le phénomène des mauvais bagads (et meme les bons): une musique qui casse les oreilles et ne donne pas envie de danser.

('fin bon, que ma méfiance soit justifiée ou non, je ne comprends pas en quoi ces musiques écrites invalident ta thèse)

#12 + Partager erwanburban

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Posté 11 juin 2010 - 14:54

juste pour préciser : personne n'a dit que ces musiques étaient écrites, et encore moins que les musiciens prétendaient ne jouer que ce qu'il y avait d'écrit. Tant JF Vrod que M Clérivet sont tout à fait au clair là dessus, et d'ailleurs ça s'entend !
Il s'agissait plutôt de peut-être distinguer
- A/ des musiques pour lesquelles la mélodie n'est finalement qu'un prétexte (un élément du cadre à l'intérieur duquel on joue), qui est d'autant plus intéressant qu'il est simple.
- B/ d'autres musiques, tout aussi trads, mais qui jouent plus sur le terrain mélodique. Dans ces musiques qui restent attachées au langage mélodique, les airs sont très nombreux, parfois assez complexes, et portent même parfois des noms, comme les bourrées (je crois) et les reels irlandais (ça je suis sur).

Je me suis rendu compte en parlant avec les deux musiciens pré-cités que j'étais resté très centré sur les musiques du type A/, par exemple les grandes complaintes, la gavotte, la ridée,...
Du coup, je suis surement passé à côté d'autres éléments beaucoup plus développés dans les musiques du type B/ (avant-deux, bourrées,...). Par exemple, un critère, un outil musical que tu évoquais, Tirno : le placement plus ou moins "au fond" du temps. C'était très marquant dans certains exemples que m'a joué JF Vrod l'autre jour, ce paramètre rythmique était utilisé d'une façon telle qu'on avait une impression très étonnante de flottement, d'une musique complètement suspendue et très rythmée et dynamique à la fois...

#13 + Partager Tirno

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Posté 11 juin 2010 - 16:23

Ah ok, je vois mieux. J'avais pas saisi la centralité de ton affirmation que la mélodie n'était "qu'un prétexte".

D'ailleurs, d'une part je n'en suis pas convaincu. Et d'autre part je saisis pas en quoi ca serait important.

Je vois tout à fait qu'en bourrée ou en reel, la mélodie est plus importante qu'en ridée ou en gavotte. Déjà, y'a plus de notes, donc forcément... Par contre dans les quatre, j'aurais tendance à dire que la mélodie est un des constituants à la mise en place d'une cadence. De part le contour de la mélodie (par exemple plate ou montante dans la fin d'une gavotte) ou par la figure rythmique mise en place par le retour plus ou moins régulier à certaines notes (ca se remarque particulièrement en cornemuse - tous genres confondus, du fait de la sonorité particulière de la fondamentale - c'est bien ça qu'on appelle l'unision avec le bourdon?). Ou encore par des variations mélodiques qui mettent en avant un temps ou un contretemps.

Bref, plutot que d'intégrer la contribution mélodique à ta thèse en distinguant type A/ et type B/, j'aurais tendance à simplement rajouter cette contribution mélodique aux autres paramètres.

Après, y'aura des cadences ou la mélodie et sa variation a une place moins importante et la position sur l'échelle long-court (et sa variation) aura une place plus importante (et inversément).

D'ailleurs la relation cause-effet doit etre dure à cadrer: c'est parce que y'a peu de contribution mélodique qu'il faut "forcer" sur les autres paramètres ou c'est parce qu'on a forcé sur les autres paramètres qu'on ressent moins le besoin de contribution mélodique?

#14 + Partager wedell

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Posté 14 juin 2010 - 15:01

Excusez-moi si je dis une bêtise mais il me semble que dans tout ça il y a un paramètre un peu négligé, c'est la danse.
Il me semble que le cadre réel d'une mélodie de danse est bien défini par les pas de la danse dont elle se réclame. Ce sont bien eux, ces pas, qui imposent les limites à ne pas dépasser dans l'interprètation rythmique et mélodique (dans une moindre mesure).
Pour exemple, partant de là, on (je) peut se risquer à dire que plus les pas sont complexes moins les variations rythmiques sont aisées, surtout si le rythme est rapide, non?

#15 + Partager Tirno

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Posté 14 juin 2010 - 15:36

Plutot que de parler de "pas" de danse, je parlerais plutot de "cadence" (mais peut etre que je mésapproprie ce terme).

C'est quoi le "pas" de la valse, de la bourrée, de la mazurka, de la gavotte, du reel? Peut on prétendre que certains de ces pas soient plus ou moins complexes? Et qu'est-ce qui, dans ce pas, provoque le fait que
- la mazurka est plutot ternaire, la valse est plutot binaire
- la valse subit plus souvent que la bourrée la transformation de 3 noires en noire, noire pointe, croche ou noire pointée, croche, noire
- la gavotte voit beaucoup de variation sur binaire-ternaire mais le reel n'en voit presque pas

Par contre je suis d'accord qu'une certaine partie de cette cadence va se retrouver dans le style des appuis - des appuis plus secs/courts pour le fisel, plus prolongés pour le reel. Il faudrait faire un inventaire des possiblités de la danse: amplitude vertical, amplitude horizontal, élan vers le haut, élan vers le bas, etc. etc. et contraster ça avec les caractéristiques musicales...

#16 + Partager wedell

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Posté 14 juin 2010 - 16:46

Je ne suis hélas pas danseur mais on peut peut-être parler d'une "periode"? Je veux dire par là une serie de "pas" propre à chaque danse qui se répète tout le long de la danse. Un pas de base en quelque sorte qui n'interdit pas les variations mais qui donne la trame de la danse.
Dans ce sens alors oui, je crois qu'il y a des "pas" plus ou moins complexes ou, tout du moins qui ont des "périodes" plus ou moins longues.

#17 + Partager Tirno

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Posté 14 juin 2010 - 16:58

Je pense que ca marce toujours pas.

D'une part parce que les variations dont parle Erwan concernent essentiellement ce qui appartient à la "sous-découpe" du "pas" (c'est à dire que ca n'intervient pas aux niveau des temps de comptage des pas - sauf ceux ou on compte un "et").

D'autre part parce qu'a nouveau on peut pas dire qu'il y ait des pas plus ou moins complexes en fonction de la longeur de leur période, ni lier cette "complexité" aux possibilités de variation rythmique.

La mazurka, à en croire certains, ca aurait une période de 12 (moi je pense plutot à une période de 3). Mais ca supporte énormément de variation rythmique (et meme des décalages de temps) la gavotte, c'est une période de 8. La bourrée, une période de 3 ou de 6 (selon qui on écoute) et c'est un truc plutot constant au niveau du rythme interne (sauf si on regarde l'aspect trois temps/2pour3)

#18 + Partager erwanburban

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Posté 23 juil. 2010 - 10:12

Je viens de faire un petit ménage de printemps dans mon blog, apparence, titre (musiques bretonnes et non plus uniquement musiques de fest-noz, suite à l'excellent moment passé à écouterhttp://www.myspace.com/trioenora le mois dernier)...
... et du coup ça y est, les 5 textes de la série "En quête de style" sont en ligne, y compris le dernier qui vient de sortir dans le numéro d'été de Musique Bretonne, tant pis pour l'exclusivité, de toute façon, c'est l'été, c'est la fête, youpi tralala...
... C'est par là : http://www.fest-noz-...quete-de-style/

(l'été n'est probablement pas la meilleure saison pour ce genre de textes, mais bon, pour ceux qui n'aiment pas se tartiner de crème solaire...)

(bon, je mets le lien du myspace du trio Enora, mais le bruit court que la chanteuse qui a donné son nom au trio arrête de chanter. A confirmer, mais ça serait une bien mauvaise nouvelle, j'ai adoré la musique de ce trio... et c'est vraiment rare que j'adore quelque chose en musique trad à écouter !)



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