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le biniou pour les nuls...


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4 réponses à ce sujet

#1 + Partager breizhlander1

breizhlander1
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  • Localisation: lorient
  • Activité(s):musicien
  • Groupe(s):sinn
  • Instrument(s):cornemuse écossaise, smallpipes,uilleann pipes, flute traversiere irlandaise, tin et low whistle, flute baroque, bodhran

Posté 25 déc. 2013 - 22:20

L’organologie pour les nuls
n°1 : 
Le biniou
Publié le  16 décembre 2013
Nous entamons aujourd’hui le premier opus d’une série intitulée : « L’organologie pour les nuls ».
 
Toi, gentil lecteur, avide de comprendre le fonctionnement des instruments de musique, ou toi qui souffres d’acouphènes dont la raison n’est encore pas bien élucidée : étudions ensemble plus en détail, si tu le veux bien, d’un point de vue musicologique, voir ethnomusicologique, un instrument, comme ça, au hasard…
Préférence nationale oblige, penchons-nous tout d’abord sur l’étude de l’instrument emblématique de la Bretagne qui, à l’instar du kouign-amann, de Nolwenn Le Roy ou des algues vertes, s’impose comme un symbole de notre belle patrie. J’ai nommé : le biniou !
 
Le biniou est un instrument à vent de la famille de ceux dont on aimerait bien pouvoir oublier l’existence. Le mot biniou viendrait du latin « bi », signifiant un peu moins de trois, et de « gnou », qui est un mammifère ongulé vivant en Afrique, faute de revenus suffisants pour pouvoir s’offrir un pâturage dans la Beauce.
L’étymologie du mot biniou laisserait donc penser que ledit instrument est capable de produire un son rappelant le beuglement de ces deux bovidés, ce qui ne laisse rien présager de bon d’un point de vue mélodique.
 
Une erreur courante consiste à penser que le biniou est le mari de la bombarde. C’est faux. C’est son amant.
Mais ne mettons pas les vieilles charrues avant les bœufs et « tentons d’en comprendre un peu plus avant de nous forger un avis définitivement négatif » (1).
biniou.png
Le biniou se compose de quatre parties distinctes (voir schéma ci-dessus *). La première est le levriad (a), sorte de chalumeau pas bien fini, fonctionnant grâce à une anche double, et percé de six ou sept trous dont la moitié ne sert absolument à rien : si les notes émises par l’instrument peuvent, dans le bas de la gamme, rappeler éventuellement le souvenir lointain d’un son supportable, les « notes » les plus aiguës peuvent être comparées au grincement d’une porte de 4L mal huilée ou au bruit que peut émettre une disqueuse coupant un rail de chemin de fer… Bref, on se demande pourquoi Yann Tampurien, le concepteur supposé de cet instrument, a voulu faire tant de zèle : « force est de constater que 3 trous auraient largement suffis… » (2)
Les notes du biniou sont le Si bémol, le Do, le Ré approximatif, le Mi « à peu près » Bémol, le Fa, le Truut et le couac (demi-Bémol).
 
Autre partie du biniou, le bourdon (b) – ou Korn boud pour les bretonnants – est un tuyau qui fait entendre un son grave, qui varie allègrement en fonction de l’hygrométrie et du sens du vent. Le son produit, s’il n’est pas aussi irritant que celui du levriad, n’est pas sans rappeler « le cri d’un cétacé en rut » (3). Mais ne soyons pas trop médisant car, depuis la récente inscription du fest-noz au patrimoine immatériel de l’Unesco, il est de bien mauvais ton d’oser critiquer quoique ce soit se rapprochant de près ou de loin aux fêtes nocturnes et populaires de notre belle nation, où poussent à profusion le genêt et l’ajonc…
 
Ensuite, le sutell © – ou porte-vent pour les Auvergnats n’ayant jamais mis les pieds à Pouldreuzic – est un tuyau qui permet de gonfler la poche (nous y reviendrons plus tard, ne nous éparpillons pas). Ce tuyau est muni d’une soupape. Si le souverain pontife se permet de souffler dans les bronches des vilains pêcheurs qui s’écartent du droit chemin, la soupape, elle, empêche de se ramasser en pleine tronche l’air si difficilement insufflé dans la poche du biniou. Il s’agit là sans doute du seul petit détail laissant présager d’un début de bon sens lors de la conception de l’instrument…
 
Autre fonction parfois sous estimée du sutell, il permet au biniaouer – c’est ainsi qu’on nommera le joueur de biniou, par convention, même s’il s’appelle Roger – de renforcer son système immunitaire avec une efficacité redoutable : via le sutell, sont injectés dans la poche, en vrac, et sans vous détailler les proportions et pourcentages : salive, bière tiède, éventuels restachoù de cacahuètes ou de pâté de campagne, bactéries diverses et staphylocoques d’Auray (pour les Vannetais), ou de Poullaouën (pour les plus chanceux…), sources d’infections diverses et variées. Après quelques années de pratique, l’organisme du biniaouer peut, et c’est scientifiquement assez étonnant, rester totalement insensible aux multiples attaques bactériologiques émanant des entrailles de l’instrument…
Bref, tout comme on ne prête pas sa femme, sa voiture ni son stylo plume, mieux vaut également éviter de refiler son biniou au premier sonneur venu, sous peine de mettre en quarantaine tout son entourage, voir son bagad si celui-ci joue en troupeau.
 
Dernière partie de notre instrument du jour : la poche (d). Généralement en cuir, elle est, tout comme la cavité crânienne d’un joueur de foot de 1ère division, remplie de rien. Il est par contre bien moins facile de se payer une piscine, une jolie voiture rouge et une prostipute par soir en sonnant au fest-noz du coin qu’en courant après un ballon. Ceci explique peut-être la certaine désaffection que connait la pratique du biniou aujourd’hui : existe-t-il une fédération française de biniou ? : non !
A-t-on vu une bande de collègues se faire une soirée télé en ingurgitant des litres de bière tiède et des pizzas molles en regardant la retransmission du championnat des sonneurs sur la télé locale ? : non !
 
Mais je m’égare : la poche donc, placée sous l’aisselle gauche du sonneur, laisse échapper, sous la pression du bras contre les côtes, l’air qu’elle contient, par deux autres tuyaux – (a) et (b), vous suivez toujours ? – bref, quand on appuie là, ça fait un son comme ça : c’est très moche !
De surcroît, non contente de fermenter de l’intérieur, la poche du biniou pue donc également de l’extérieur, ce qui permet de créer une certaine osmose olfactive. N’y voyez rien de fonctionnel, c’est juste de la coquetterie…
 
Que dire enfin de l’instrument dans sa globalité, sans devoir employer de termes grossiers ou déplaisants ? Esthétiquement, l’apparence reste assez rédhibitoire. Acoustiquement, c’est un supplice sans nom. Se pose alors une question majeure : comment un instrument aussi rustique a-t-il pu se faire le vecteur de ce qui reste aux yeux de beaucoup comme l’une des formes d’art la plus aboutie à ce jour sur notre belle planète ? : la gavotte.
 
C’est cette question existentielle que nous tâcherons de solutionner prochainement si vous le voulez bien.
 
Lapous Du
 
_________________________________________________________________________
Bibliographie
 
* Crayonnage sur cellulose, collection particulière, British Local Muséum of Gavottistan.
1. Christian Troadec, « La course aux médias », éditions Bonnets Rouges.
2. David Guetta, précis de musicologie à l’usage des bobos, Poum-tchack éditions.
3. Jacques-Yves Cousteau, La Gavotte du surimi, éditions Armor Lux.
 
 
Ce contenu a été publié dans Saturday noz fever par Dilhad Sul. Mettez-le en favori avec son permalien.
6 RÉFLEXIONS AU SUJET DE « L’ORGANOLOGIE POUR LES NULS
N°1 : 
LE BINIOU
 »

 


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#2 + Partager Ludoman

Ludoman
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Posté 26 déc. 2013 - 13:00

Ca donne envie !



#3 + Partager saladzézé

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Posté 11 janv. 2014 - 15:00

Je pense que la vielle mériterait amplement un traitement identique !....

 

Y aurait pas un Lapous Du bourbonnais,pour s'en charger ? :madman:



#4 + Partager Calmar

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Posté 12 janv. 2014 - 18:06

... hum... ayant pratiqué le ci-dessous , et pratiquant aujourd'hui la cabrette , celle-ci ne saurait que suivre un tel traitement, je crois bien...

Attendons nous une si cruelle malversation ! Je suis vexé ! Gnnnnnnn !

^^


Modifié par Calmar, 15 janv. 2014 - 18:19.


#5 + Partager Arcajack

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Posté 15 janv. 2014 - 16:56

j'a bien rigolé...... :)


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